Affichage des messages blog dont le libellé est Comment tomber en amour à San Francisco et dormir sous un viaduc dans le Tenderloin. Afficher tous les messages blog
Affichage des messages blog dont le libellé est Comment tomber en amour à San Francisco et dormir sous un viaduc dans le Tenderloin. Afficher tous les messages blog

jeudi 17 juillet 2008

Coup de fil

C'etait difficile de l'entendre dire, elle est comme toi mais un peu plus vieille, c'etait difficile de l'entendre dire qu'il m'avait attendu, c'etait difficile de realiser que j'avais bel et bien perdu...

Il est heureux, de retour a New York; une copine gentille, un emploi dans une shop de tattoos, il a arrete de boire et de consommer. Il est exactement comme je voulais, sauf qu'il en embrasse une autre. Une autre une autre une autre comme moi mais plus vieille.

Si j'avais l'argent, je m'acheterais du vin et je celebrerais le dernier coup dur avant de l'oublier completement.

dimanche 1 juin 2008

Prévisible

Oh, je me sens tellement seule que j'écris un long message désespéré à mon ex-copain, un long message qu'il lira à moitié parce qu'il est analphabète.

I haven't heard from you in a while, I'm not worried though... I have a feeling you're pulling it off over there in New York.


Mon analphabète préféré, néanmoins.

Things have been hellish around here. I'm just trying to be happy, fuck.


Oh, j'aurais du foutre le camp pour Boston, New York, peu importe, l'endroit ou il se trouverait. J'ai tout remis en question, il l'avait prédit, je m'y attendais.

I'm not going to school in the fall. HA! The main reason that kept me from staying with you! I didn't get in. I didn't fucking get in and I don't care.

Je me sens tellement seule que je gratte le fond du baril.

So I know your memory is shit, hun, but I'd appreciate if you wouldn't forget about me. Let me know what you're up to. I regret not getting my act together earlier and not coming down to be with you cause I guess you've moved on.

mercredi 16 avril 2008

What We Had

Il faut blâmer la musique pour mes fantaisies idiotes. Ouais, j'ai toujours rêvé de faire partie d'un de ces couples musiciens comme...

- Pas comme Tricot Machine!

Non, Evelyne, pas comme Tricot Machine, encore moins Sonny et Cher. Je pense plutôt à Handsome Furs, qui sont présentement sur scène à San Francisco.

Ah... San Francisco. Je me souviens, alors que j'y fréquentais mon apollon au pompadour plein de poux, monsieur réussissait parfois à mettre ses mains sales sur une guitare accoustique. Il n'était pas mauvais et j'en étais bel et bien surprise. Un soir, il m'annonça qu'il était en train de m'écrire une chanson. Je doute encore de la vérité de ces paroles, mais jamais de son intention. De toute façon, son ancienne copine, (ou femme, peu importe) en avait une à son nom, très jolie, alors pourquoi pas moi?

Plus il me chantait des chansons, plus je me voyais sur scène, à ses côtés, tambourine à la main et synthétiseur aux doigts, dans les bars miteux à travers les États-Unis. Oh oui, on pourrait voyager ensemble, vivre sur les quelques dollars des promoteurs... Avec mes contacts, je pourrais réaliser quelque chose de merveilleux, entretenir une véritable histoire d'amour. Cette image des Handsome Furs, collée à la tête, me donnait la motivation de voir grand. Très grand.

Et puis le jour vint où ses mots vinrent détruire mon rêve;

Je déteste les synthétiseurs.

Entre autres. Il détestait aussi Dancing in the Dark, de Bruce Springsteen et toutes les chansons que je mentionnais. Il adorait la musique simple, sale et cochonne, tandis que je rêvais de poésie, synthétiseurs, amour pur et mauvaises critiques sur Pitchfork.

Mais la pluie de fin d'octobre approchait pour nous séparer et je n'ai jamais eu l'occasion de lui chuchoter l'idée. Et puis, si mes rêves s'exaucaient, il était inéluctable que je devienne sa June Carter...

(Deux chansons dans le lecteur ci-dessous...)

samedi 9 février 2008

L'appel

Mon ex-faux-copain vient de me téléphoner. Pour avoir un minimum de réception, j'ai du gosser avec ma nouvelle antenne cellulaire, un bout de cintre de métal planté dans le trou de l'ancienne.

Ça fait deux semaines qu'il n'a pas bu. Avant ça, c'était un mois.

75$ pour le billet Greyhound.

Désolée, j'ai pas envie d'écrire, il y a Degrassi à la télévision.

lundi 24 décembre 2007

Mais où se cache... (3e partie)

Plus ou moins 24 heures; je dois être sur une liste de service-express pour les rebondissements quotidiens.

Le téléphone sonne, longue distance, indicatif régional inconnu. C'est lui.

Tout juste hier, on m'apprenait l'existence d'une autre copine. Tout juste hier, j'ai eu le temps de tout nier, de brailler, de crier, d'envoyer chier, de pleurer encore et ensuite d'accepter mon sort et le sien. J'ai eu le temps de m'en remettre plutôt bien. Un bon 24 heures.

Et voilà que quelques heures plus tôt, je reçois un appel de Boston. Il est revenu, il est revenu...

Sans Bob, qu'il a du laisser à San Francisco. Ça aurait été impossible de l'amener sur un train.

Sans copine, aussi. Ils ne faisaient que la baiser, c'est tout! Ah! Il l'a foutue enceinte, aussi! Heureusement, elle a décidé d'avoir une intervention. Ça ne m'affecte pas vraiment, cette histoire, car on avait eu un accord. Effectivement, je ne lui ai pas dit d'aller se planter la graine à sec mais bon, ça ne me dérange pas vraiment.

Il est revenu. Je n'y crois pas.
La vie a le don de me faire des coups comme ça. Ça faisait du bien de l'entendre.

C'EST UN MIRACLE DE NOËL!

dimanche 23 décembre 2007

Mais où se cache... (2e partie)

Carmen Sandiego a trouvé mon copain.

Elle ne m'a pas dit dans quel État il se cache, il y a toujours 51 possibilités. Cependant, j'ai appris qu'il a déjà rencontré une nouvelle fille, probablement cette petite punk que j'ai imaginé. Celle aux cheveux Kool-Aid qui crache plus loin que moi. Qui boit de la bière, qui fume du crack et qui frappe mon chien.

Pas de chance qu'il vienne me le dire lui même. Pauvre con! Il faut que ça soit un ami commun qui me l'annonce à travers MySpace, le médium le plus chiant pour les nouvelles. (Pire que CNN et Fox News combinés.)

- Did you know that xxxxxx or howevwr you spell it, has a new gurl? SHE FUCKIN IIGHT THOUGH

Non, je ne le savais pas, merci. J'suis sur qu'est fuckin iight aussi. Bon ben, life goes on... finalement! J'n'ai plus besoin d'y penser. À présent, j'hésite entre raconter aux gens qu'il est mort et la vérité. C'est quand même gênant d'avouer que j'ai cru qu'un ex-junkie alcoolique allait traverser l'Amérique en train avec ''notre'' chien juste pour rester avec moi. Je me prends pour quoi, un don du ciel?

J'écris comme une fille qui n'a pas de peine. Je vous ai eus, je vous ai eus.

J'espère qu'elle a de la patience, la pauvre.

samedi 22 décembre 2007

Mais où se cache... (1e partie)


Madame Sandiego, j'ai besoin de votre aide.

Je cherche mon faux-copain. Aucune nouvelle depuis fin octobre. Vous qui parcourez le monde quotidiennement devez certainement l'avoir croisé! Il a les cheveux noirs, probablement très sales et peignés vers l'arrière, beaucoup de tatouages. Son nez est croche car il boit du whisky et devient agressif avec les autres garçons. Cherchez près des marchands d'alcool. Vous avez un hélicoptère et des filets, si je me rappelle bien?

S'il vous plait, aidez-moi! En échange, j'irai chiper quelque chose de beau dans le Gift Shop du Musée des Beaux Arts.

Je vous donne donc une carte, vous y laisserez des indices...


Je vote pour le Texas.

mardi 18 décembre 2007

Barker's beauty

Impossible de laisser tomber l'ennui quand on habite à Mirabel et qu'on n'a pas de réel emploi. Je n'ai même pas assez d'argent pour me rendre à Montréal et me foutre dans la merde pour écrire des belles histoires que les gens voudront lire.

Si je reçoit assez d'argent (au moins 40$) je vais au Michigan pour le nouvel an. Oui, je sais, ça doit être une des places les plus ennuyantes aux États, au même statut que l'Ohio et le Nebraska. Sauf que j'ai un genre d'ami là bas. C'est mieux que Mirabel.

Ça sera un mini-voyage d'une semaine ou deux, question de me faire une de ces petites mini-vies temporaires que j'aime tant, question de me changer les idées, question de me divertir. Au Michigan.

J'suis entrée dans l'autobus en pleurant; mon faux-copain n'était même pas venu me voir à la station Greyhound, il n'était pas venu me dire au revoir. Je braillais, je morvais, anxietée de séparation, coeur brisé, vexée, j'sais pas trop, tralala. J'ai reconnu un de ses amis dans la banquette arrière, je lui avait serré la main tatouée une semaine auparavant. J'ai frenché cet ami pendant 3 jours de suite dans l'autobus, de San Francisco à Chicago. C'était bien.

Lui, il m'envoie des messages chaque semaine. L'autre, aucune nouvelle depuis octobre.

Regrets? Surement certainement probablement pas. Il a peut-être trouvé une autre fillette beaucoup plus conne que moi, quelque part entre Texas et New Orleans, entre deux tracks de chemin de fer. Une fumeuse de crack avec un mohawk rose et des trous dans la face qui trippe sur G.G Allin.

Je pense quand même à ce faux-copain quotidiennement, je suis vraiment inquiète. Je m'imagine recevoir un appel de l'hôpital général du Maine. Il est dans un coma, en soins intensifs, quelque chose d'assez grave. C'est plus romantique.

Oui, au Maine, parce qu'il était en chemin pour Montréal. Il... s'est fait frapper par un train, c'est ça. Et je dois aller chercher le chien, notre beau Bob, il a été foutu dans un réseau de combat de pitbulls (insérez un lien X avec le gouvernement).

Je m'habille en noir, je pars casser des gueules, je reviens avec Bob, des nouveaux souliers et une valise pleine d'argent. Ah oui, et mon faux-copain se réveille, tout le monde s'aime. On habite chez sa mère.

Pendant un mini-voyage à Los Angeles, je vais assister à The Price Is Right. Je gagne une roulotte avec 2 chambres à coucher, un set de valises roses, une Mazda Protégé 2009 avec lecteur CD, des anti acides Tums et un lave-vaisselle Kenmore en stainless avec beaucoup de Horse Power.

Tout le monde m'aime. La télévision m'engage; je porte une robe sexy, je souris, j'applaudis, j'ouvre une valise et ça me rapporte 10 000$ par enregistrement. Une chance que maman m'a apprise comment améliorer ma posture.

Lui il s'occupe du chien. And we live happily ever after.

mardi 4 décembre 2007

Le Faux-Copain

Un mois sans nouvelles; je ne sais pas à quoi il joue. Je suis convaincue qu'il s'est trouvé une petite punk qui crache plus loin que moi. Une fille avec des dessins sur les bras et des trous dans la face, une pas fine pour ne pas égratigner sa crédibilité de gros méchant.

Lui qui braillait en morvant que je l'oublierai, lui qui me faisait des scènes comme un enfant, des scènes qui me manquent tellement. Je voudrais jouer la dure à cuire, j'aimerais faire semblant que ça ne me fait pas mal.

Je suis vexée parce que j'y ai cru. Pour une seconde, j'y ai cru.

Il y a une partie de moi qui croit toujours qu'il est en chemin. Ou en prison parce qu'il est con. Je me considère à nouveau célibataire, je n'ai pas de temps à perdre, je vieillis. (Haha.)

Il y a des gens pour qui c'est facile. Un copain après l'autre, ça dure un temps raisonnable. Il est mignon, il est gentil, il fait à manger.

Mais moi, je n'attire pas ça. (Et ils ne m'attirent que rarement aussi.) Oh non! Je ne suis pas assez calme et pour eux, je porte des couleurs qui blessent les yeux, je parle trop fort, je ne ramasse pas ce qui traine, je crache plus loin qu'eux. Je ne suis pas conventionnelle, je ne serai pas docteur, je ne regarde pas toujours avant de traverser. Non, moi c'est les retailles de la société que j'attire. Ceux avec des vrais squelettes dans leur placard, des aiguilles dans leur bras, des ambitions ternes et des intentions crottées.

lundi 19 novembre 2007

L'idiot

It's impossible for me to guess that it's over, you know.
Yes, you're an asshole, I forgive you, now please, please, please come home.

vendredi 26 octobre 2007

Il ne s'est pas pointé

Ah! Je suis revenue.

Quelque part dans les derniers jours en Californie, je me suis fait piquer par une araignée, ou un autre insecte méchant-vénimeux. Soit à travers notre lit de carton du Buena Vista park, soit de la maison des punks ou on a passé la fin de semaine. Le résultat? J'ai l'impression qu'il y a une patate de logée dans ma jambe. Je ne peux pas marcher, ça fait tellement, tellement mal.

Il n'est pas venu me dire au revoir à l'arrêt d'autobus. Je ne sais pas pourquoi. J'ai pleuré, j'ai pleuré, et ensuite j'ai réalisé que son ami était dans l'autobus avec Evelyne et moi. Avec lui, j'ai pu quitter de San Francisco plus facilement. Je n'étais plus victime de seperation anxiety. Il est resté avec nous jusqu'à Chicago, tout de même. Un très beau garçon avec des tatouages, un mohawk passé à l'eau de Javel et des petites bouteilles de méthadone.

Je ne suis pas une très bonne copine. Mais pour la première fois de ma vie, j'ai pu entendre ma conscience qui criait lorsqu'il m'a embrassé. J'avais résisté, il faut spécifier, pendant environ une heure. Je ne suis pas une très bonne copine, mais il est un vrai pourri de m'avoir laissé partir sans goodbye my love.

Le voyage du retour était moins long et dur que l'autre. J'avais Evelyne, j'avais son ami. J'avais des magazines, j'avais des couvertes, j'avais des oreillers. Bien sûr, c'est le Greyhound, il ne faut pas s'attendre à des miracles. J'ai eu des douleurs extrêmes au dos, mais surtout au derrière de mon genou, enflé comme une allergie aux arachides.

Au fur et à mesure que j'approchais la ville, mon excitation frôlait le néant. Je n'avais pas envie de retourner à Montréal.

J'étais déçue de voir que ma mère n'était pas à la Station Centrale à mon retour. Ma petite soeur a l'air d'une vraie rock star, je suis fière d'elle. J'ai vu Vanessa et son nouveau copain, il est gentil et très mignon, (et maigre, il doit manger plus) je m'attendais exactement à un garçon comme ça. C'est son type.

Et le mien? Les junkies? Merde, il faut dire que je ne m'e suis pas vraiment détachée pendant mon voyage... Tant pis.

Mon copain me manque.

lundi 22 octobre 2007

Il ne prends jamais de douche

On a dormi dans une grosse maison crottée depuis les deux derniers jours; le type d'endroit où les divans beiges ont pris une tournure grise-brunâtre, où les murs, décorés de graffitis, sont couverts de traces de doigts souillés. Cinq punks y habitent, ils ont des occupations douteuses, mais enfin, ça ne m'affecte plus autant, à la limite, pas du tout. On doit faire attention où l'on met les pieds, je soupçonne que les tapis granuleux ont la Chlamydia... ou des poux.

Mais j'suis bien. Ça sent la marijuana et le renfermé, le chien mouillé et le bacon croustillant, mais au moins, mon copain et moi pouvont dormir au chaud, sans Bob le chien qui s'écrase entre nous car il a froid, sans les policiers qui nous réveillent, sans les hippies perverts qui nous regardent.

On a regardé des films, on a bu beaucoup de Vodka, je me suis endormie sur un matelas dans le salon. On a dormi sur le plancher, on a mangé des burritos, on a fait semblant de vivre ensemble.

Et il n'a même pas pris de douche. Il va donner des poux à tout le monde!

vendredi 19 octobre 2007

Il aime ma petite robe rouge

Je pars dans 4 jours. J'ai hâte d'arriver chez moi, mais il va me manquer.

Aujourd'hui, je me suis mise sur mon 31 pour une soirée et je n'ai pas pu y assister. C'était une remise de prix du SF Weekly et je n'ai pas pu y assister parce que les États-Unis d'Amérique ont décidé que j'étais trop jeune pour boire. Assez mature pour fumer, baiser, conduire, voter, possèder un fusil et tuer en Iraq, mais pas assez mature pour entrer dans un bar où il y a de l'alcool. Pas assez vieille pour boire.

Alors je me suis poussée vers Haight street avec ma petite robe rouge à pois blancs, mes collants filets et le manteau de cuir à Evelyne. Il était très heureux de me voir; les autres lui ont dit qu'il avait été un trou de cul avec moi la veille et il croyait que j'étais trop fâchée pour sortir. Il s'est excusé.

Et il aime beaucoup beaucoup beaucoup ma petite robe rouge.

jeudi 18 octobre 2007

Il fait une crise et on mange des tacos

Mardi soir, j'ai manqué le dernier autobus. Et il allait pleuvoir. On a fait notre lit sur le bord du magasin de bijoux chers où j'suis déjà entrée voulant acheter des colliers en forme de framboise. J'étais écrasée contre le mur et le chien et le copain. J'ai mal dormi. J'ai mal au dos.

Je pars tôt le matin, je dors, je me lave, je reviens sur la Haight plus tard le soir. Je ne le retrouve pas. Personne ne l'a revu depuis tôt le matin.

J'ai mal au dos, je veux partir, ses amis me demandent de rester, kick it with us. Ils sont très cool avec moi.

2 heures plus tard, je croise quelqu'un, je lui demande where is your dog, il me réponds with your boyfriend. Et je le retrouve, plus saoul qu'à l'habitude, à la seule place où je n'avais pas cherché.

Il était beaucoup trop saoul. Black-out saoul. Mais j'étais heureuse de le voir, tellement heureuse.

Mais on s'est chicanés. Encore. Parce qu'il croit que je ne vais pas venir le voir à New York. Parce qu'il sait que je suis jeune et que je vais le laisser un jour pour passer à autres choses. Pour aller à l'école. Pour faire ma propre vie. Pour quelqu'un d'autre. Parce qu'il pense que je mérite mieux que lui. Il m'a dit tout ce qu'il pen

On s'est calmés. On s'est rendus au restaurant qui sert des tacos. Il adore les tacos, je déteste la nourriture mexicaine. On s'est rendu, mais pas sans qu'il s'énerve et qu'il gueule comme un sénile contre les policiers et San Francisco.

Ensuite, on est revenu au parc avec un restant de taco, où l'on a eu une discussion complètement ridicule sur les fétiches sexuels, puis on a fait un tour au sous-bois, on s'est fait des calins pour et j'ai manqué le dernier autobus.

J'ai fait un tour sur l'autobus de nuit qui ne pouvait que me débarquer beaucoup trop loin; il n'y avait pas d'arrêt près de chez Evelyne même si il passait relativement proche. J'ai pris un deuxième autobus, dans le sens inverse, et je lui ai supplié de m'arrêter le plus près possible. Ça aurait été un stop illégal, il aurait pu perdre son emploi, et il ne l'a pas fait. Non, il a préféré sortir de son trajet et m'apporter directement au Golden Gate.

Merci, monsieur.

Il fait une crise et il veut du crack

Je suis totalement épuisée, trop fatiguée pour dormir. Ces 3 dernières nuits ont été si éprouvantes, je me demande si on a testé mon endurance envers cet homme et ses sautes d'humeurs qui sentent la bière.

Lundi matin, je me suis réveillée dans le Tenderloin, allongée sur du carton en dessous du viaduc. Cette nuit-là, j'ai appris que le pittbull était une grosse mauviette qui me forçait à me coucher en cuillière avec lui, et je parle du chien, pas du garçon. C'est une démonstration flagrante de mon affection pour mon chéri que de rester dans ce quartier après 6 heures le soir. Les gens y fument du crack comme ils y fument des cigarettes. C'est laid, c'est laid laid laid.

On s'est rendu au tribunal à temps. Je suis restée à l'extérieur avec Bob le pitt, je l'ai nourri, je l'ai flatté, je l'ai complimenté, et je me suis emmerdée, alors j'ai commencé à l'habiller avec mes vêtements. Il avait l'air encore plus d'une mauviette, même avec ses cicatrices dans la figure. Grosse tête dure, je l'aime. C'est mon chien, presque; en tout cas, on s'entends pour dire que je suis sa maman.

Pendant la pause du diner, il m'a présentée à tout ses amis du centre-ville. Cette fille, pas plus haute que mon menton, se plante directement devant moi pour m'annoncer qu'elle est très honnête, certaines fois de façon brutale, et que si je fais du mal à son ami, mon copain, qu'elle me ferait du mal. Je ne sais pas quelle réaction elle prévoyait, mais elle semblait surprise que je reste polie et que je comprenne son point. Aussitôt, elle s'est mise à dire qu'elle me respectait, qu'elle ne respecte jamais les filles, mais que j'étais une rare exception. On s'entends assez bien, même si on a des valeurs extrêmement différentes, des valeurs qui nous déchireraient si on s'en parlerait. Elle est une haute placée dans une gang de suprémacistes-nazi-truc, elle fume du crack, mais j'ai su tout de suite qu'elle pouvait abilement analyser elle-même, les autres et toutes les situations à un degré différent, comme moi. Ça ne fait pas de moi une skinhead.

Je passe la journée avec elle car il est au tribunal. Passé 6 heures et je m'inquiète, c'est fermé, il devrait être revenu, il ne revient pas. Les policiers nous dérangent, ils nous demandent de partir, ils sont méchants, ils nous ridiculisent. On dégage le coin, la valeur des propriétés augmentent, je m'inquiète toujours, j'ai peur qu'il ait été enfermé; 5 ans, c'est à quoi il peut s'attendre. Il y a des larmes dans mes yeux mais je ne les laisse pas tomber. Je cherche le numéro du tribunal dans le bottin, on vient me dire qu'il est arrivé.

Plus tard cette soirée, son amie viendra me dire que son respect pour moi avait doublé quand je n'ai pas pleuré, quand elle a vu les larmes mais que je ne les ai pas laissé couler. Elle n'a pas honte à dire à tout le monde des très belles choses sur moi. Cette fille a un coeur d'or, malgré un million de facteurs.

Le tribunal lui demande de revenir la semaine prochaine, ce soir il boit il boit il boit. Et tout à coup, il ne se sent pas bien. Il devient triste. Il commence à s'auto-mutiler avec ses mots. Il se déteste, il veut mourir, il se déteste, il crie, il s'engeule avec les autres qui l'aiment, qui veulent le voir vivant. Il déteste cette ville, il déteste sa vie, il doit partir il doit partir et je le sais. Mais il doit attendre, attendre après moi, attendre après le tribunal, attendre après son chien. Cette ville le rends fou.

Il veut du crack, maintenant, il veut du crack. Il donne son argent à son amie qui a du respect pour moi, il lui dit qu'il veut du crack, elle aussi, tout le monde fait du crack dans ce putain de merde. Mais elle refuse. Elle prends son argent et refuse de lui acheter du crack. Il s'énerve, il crie, il s'engeule avec les autres qui l'aiment. Finalement, elle part, mais elle revient avec des bouteilles, plus d'alcool qu'il lui faut. Elle veut du crack mais elle a sacrifié son besoin pour lui.

Je crois plutôt qu'elle l'a fait pour moi.

La nuit prends un virage, on cesse de crier, elle lui parle de façon lucide et raisonnable, ce qu'elle lui dit fait le plus de sens possible. Il s'énerve, il interrompt, il ne fait aucun sens.

Elle lui a fait promettre que si il me faisait du mal, elle pouvait lui couper le petit doigt. Pinkie swear.

Évidemment, il a des sérieux problèmes mentaux qu'il ne peut empêcher. Si je décide de supporter cela, je ne sais pas quoi je devrais abandonner. J'ai la chance de tout laisser tomber, d'arrêter cette relation avant qu'on devienne trop attachés.

Elle lui dit quelque chose qu'il n'aime pas. Ils s'énervent, il crie, il part. Si il me laisse ici, au beau milieu de la nuit dans le quartier à crack, ça sera la fin, mais je sais qu'il va revenir me chercher. Deux minutes, je finis ma conversation. Il s'énerve, il repart, il dit qu'il ne reviendra pas, je ne le crois pas.

Elle me dit que je lui fait penser à elle, quand elle était plus jeune, et que je mérite le respect entier de tout le monde qui m'entoure. Aujourd'hui, ça fait un an jour pour jour qu'elle n'a pas été victime d'attouchements ou de viol.

Il revient me chercher. Je pars avec lui. C'était une dure soirée.

On part enfin pour dormir, on est crevés. Le chien s'écrase encore entre nous; je regarde mon plafond, mon viaduc, je regarde ce qui nous entoure, les boîtes en cartons, les déchets, les aiguilles usées de junkies irresponsables, l'autre côté de la cloture. Mon copain qui s'est finalement endormi.

Est-ce que c'est vraiment ça que je veux?

mercredi 17 octobre 2007

Il a besoin d'un fond de cannette

(Il perds son petit doigt si il me fait du mal.)

Ça devait se produire un jour, il m'avait déjà prévenue. Cette fois, par contre, je ne suis pas totalement idiote, je comprends tout à fait ses plans. Je sais ce qu'il se passe. Il ne fait pas assez d'efforts pour me les cacher.

Il a besoin d'un fond de cannette et ça me dérange ça me dérange, il a besoin besoin besoin d'un couteau pour couper la canette, sortir le fond, je ne dis rien, je mords ma lèvre et je ne dis rien. J'ai la certitude qu'il peut m'entendre crier dans ma tête, il me demande si je suis fâchée, je ne réponds pas. Il sait.

Il va aux toilettes du McDonald, il va revenir dans 10 minutes, il dit, il a tout ce qu'il a besoin besoin besoin.

Mon ancienne flamme avait une dépendance sévère à cette cochonnerie et il ne revenait pas dans 10 minutes, il revenait dans une ou trois heures. Même si il disait dix, c'était une ou trois heures. Et j'attendais, j'attendais, je m'inquiétais. Lorsqu'il est parti aux toilettes du McDonald, j'ai tout remis en question.

Mais il est revenu en 10 minutes. Me rappeler qu'il ne l'avait fait que cinq fois depuis juillet.

Il n'a pas réagi comme l'autre, paraît que la dope de l'Ouest, c'est de la petite merde comparé à celle de chez lui. En plus, il est sur des médicaments qui restreignent l'effet. Son besoin, c'était surtout l'aiguille qui perce sa veine dans les toilettes du McDonald.

Cette nuit-là, on s'est couchés sous un viaduc, il m'a raconté sa vie. Son enfance abusée, détruite, passée dans des familles d'acceuil où chaque enfant est considéré un chèque mensuel.

Le chien nous interrompt, comme à l'habitude, et il s'écrase entre nous; on s'endort au son des automobiles qui glissaient sur notre toit. Sous notre pont du Tenderloin, nos rares voisins sont déjà très éloignés dans leurs rêves conduits par leur dépendances respectives.

Je me demande si il rêve à moi, des fois.

mardi 16 octobre 2007

33 1/3

I wish the only needle you ever touched was on a record player. This isn't rock'n'roll, doesn't define who you are.

You're
s
k
ip
p in
g .

dimanche 14 octobre 2007

Il nous a trouvé un chien

Presque 3 jours sans lui, ce n'est pas drôle du tout, ça ne m'arrive jamais qu'une personne me manque comme ça.

Il y a deux nuits, j'étais dehors, à le chercher. C'est rare que j'ai à le chercher autant, habituellement, il est prévisible dans ses voyages. Height Street, Frank's Liquor Store, Panhandle Park. Mais ce soir-là, je n'arrivais même pas à trouver ses amis. Tout le monde était parti. J'ai attendu quand même, au coin de Frank's. Juste au cas. J'n'avais rien à perdre.

J'ai su tout de suite qu'il s'essaierait. Assez jeune, très mignon, mais je pouvais lire dans ses yeux qu'il voulait me faire des choses que ma mère n'approuverait jamais. Dès le début, j'lui ai dit que je cherchais mon copain. Quand j'lui ai dit de qui il s'agissait, il m'annonce qu'il le connaît, l'a vu cet après-midi, qu'il se préparait à partir, et qu'il a un chien. Qu'il a un chien. Je ne savais plus quoi penser. Et cet inconnu à mes côtés qui me touche les jambes pendant que je pleure.

Il m'offre un taxi jusqu'à la maison, je manque le dernier autobus. Je reconnais un des bons amis à mon mien de l'autre côté de la rue, il mange du riz dans un bac à poubelles, non merci j'n'ai pas faim.

Il n'est pas parti. Il est au centre-ville. Et je me dis qu'il m'a menti parce qu'il voulait me toucher les jambes.

On arrête quelques minutes à l'appartement du menteur. Il n'a pas la clé. Il fait froid, on est couchés sur le ciment, moi, lui, et une fille qui vient d'avoir 17 ans.

Finalement, il décide de défoncer la porte de l'édifice. Pour la deuxième, on a essayé un tournevis et des morceaux de métal. Puis on est entrés par infraction dans une pièce vide du troisième étage pour monter par le balcon. Et je me suis endormie sur un matelas qui sentait mauvais.

Et le lendemain, je l'ai retrouvé. Avec un chien. Un chien qui s'appelle Bob. Un pitbull, pas trop intelligent, mais très affectueux. Ses anciens maîtres s'en sont mal occupés, on voit ses côtes. Il m'aime.

Je suis convaincue que c'est une très bonne chose qu'il ait Bob. Je me rappelle quand l'autre avait eu un chien, un bébé chien, et j'ai vu un grand changement chez lui. Bien sûr, il est toujours un trou de cul, mais je pouvais voir sous sa dépendance, je pouvais voir que peu à peu, il devenait plus heureux...

Et New York réduit déjà ses consommations d'alcool pour nourrir Bob.

jeudi 11 octobre 2007

Il a fait de l'acide au restaurant

J'étais en retard, mais il parlait de moi à ses amies quand j'suis arrivée. Je n'ai passé qu'une heure avec lui avant qu'on aille attendre Evelyne devant le Cha Cha Cha, elle m'amenait souper, mais pas au Cha Cha Cha. Non, pas au Cha Cha Cha.

Il s'achète une bière mais il attends patiemment, comme un bon garçon. Il a envie de boire sa bière, il attends.

Mais elle était en retard, comme j'suis constamment en retard. On s'influence beaucoup, ce n'est pas toujours positif.

Cette toute petite dame vient parler à mon copain. Une toute petite dame, tout mignonne, et il me la présente comme sa maman de l'ouest. Elle a un oeil au beurre noir, elle s'est fait frapper par un vieux saoul. Conséquemment, mon saoul à moi s'énerve comme un taureau. Evelyne n'arrive pas.

Elle lui pointe un homme qui pousse un panier d'épicerie, je le vois le poursuivre comme un chien enragé. Une auto de patrouille passe lentement, j'ai peurpeurpeur, je sais que si il se fait arrêter, paf, en prison. 3 mois.

Il disparaît. Evelyne apparaît. J'n'attends pas, on va au restaurant qui s'était trompé dans ma commande la dernière fois. Une lasagne, s'il vous plaît. Evelyne me demande pourquoi je ne l'ai pas invité à souper. Deux secondes plus tard, je suis déjà partie le chercher.

J'suis rendue que je sais toujours où il est.

En cinq minutes, j'suis revenue avec mon homme sous le bras, on rentre au restaurant, ils se sont trompés dans ma commande. Encore. La lasagne, ce n'est pas du spaghetti. Alors il mange le spaghetti et tout le monde est heureux. Il était très poli, très mignon, presque présentable à maman et papa. J'ai dit presque. Evelyne lui a même offert une bière. C'est bon signe, non?

Elle est partie voir son copain, j'suis restée avec le mien, on a profité de notre premier ''vrai'' rendez-vous. Ensuite j'suis restée avec lui. La température était belle. Il m'a montré San Francisco du haut de Buena Vista, une vue absolument éblouissante dans la nuit.

On s'est endormis près d'un arbre, collés, au chaud, jusqu'à ce qu'un policier nous réveille. Cette fois-ci, on n'a eu qu'une contravention, c'est lui qui l'a prise. Il tremblait, le pauvre, comme à tout les matins.

Il a vraiment besoin d'alcool.

mercredi 10 octobre 2007

Haight Street

J'aime bien le nouveau coin que je fréquente, rempli d'hippies et d'hipsters, d'arbres et d'effluves de Marijuana. Non, je ne suis pas devenue une pot head, pas du tout pas du tout pas du tout, mais j'préfère ça aux nombreux de tweakers de Venice Beach.

Je préfère ça aux piqueries dans les stationnements.

Une des raisons principales qui mènent mon copain à s'énerver, c'est les gens qui cassent leurs bouteilles. Ça coupe les pattes des chiens et il n'aime pas ça. Ça coupe les pieds des gens qui se font voler leurs gougounes et il n'aime pas ça.

Je devrais peut-être me lever et aller le rejoindre. J'ai peur qu'il parte pour New York sans m'avertir.