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dimanche 3 juin 2007

Un corps de béesse.

Les rideaux fermés, j'me suis réveillée à 1h30, mais j'aurais bien pu me lever quelques heures plus tard. C'est un dimanche matin et on m'y permet peut-être cette habitude, mais le rituel ressemble à tout les autres jours de mes semaines de chômeuse impayée. Je passe la journée en leggings et en t-shirt ample, le même street style que celui des passants de la rue Ontario à Hochelaga, les mardi avant-midi.

75% de rabais! Vente de fermeture! Électroménagers et meubles à bon prix!


À cette époque, j'avais des choses à faire, des gens à voir... Correction, j'avais un emploi. Et ça me tuait.

Je préfère de loin ce nouveau mode de vie, la grosse paresse, aucun soucis... sauf la peur de l'ennui. Heureusement que me divertis à rien, le simple fait de côtoyer des gens, peu importe le genre, comble mes journées. J'analyse les gens et j'essaie de comprendre les choses de la vie.

J'ai ma carte d'autobus; tout ce que j'ai besoin maintenant, c'est une bonne paire de souliers.

mardi 24 avril 2007

La démission

Aujourd'hui, j'ai démissionné du Village des Valeurs après 8 mois de travail.

Je l'ai fait. Oui, je l'ai fait.

Je me sens libre. Je me sens bien. Je crois que c'était une bonne idée. Plus ça va, plus c'est dur d'y travailler. Aujourd'hui c'était horrible. Mais j'ai bientôt terminé.

Je mérite d'être respectée, et pas traitée comme un animal de ferme, du livestock, un morceau de viande.

J'vais faire entrer mes derniers chèques, rien dépenser, et j'vais partir à une destination X. Je ne suis pas encore certaine laquelle.

J'ai hâte à mes plans secrets...

mercredi 7 mars 2007

Le Sandwhich

Hier, je revenais du Village des Valeurs avec un billet de métro emprunté. J'avais très faim et je n'avais pas d'argent ni de nourriture. Dans l'autobus, il y avait un inconnu avec du pain. J'ai fixé le sac pendant très longtemps. Il me trouvait drôle, on s'est parlé.

Il m'a invité à manger, et j'suis allée chez lui. C'est presque mon voisin. Il est super cool, il a pleins d'histoires d'acide et de mexicains et de Californie et de Tool et de festivals et de passes backstage et de billets de 100$.

Il m'a fait un sandwhich géant, avec des filets de poisson et des trucs piquants, de la mayonnaise et peut-être du beurre de pinottes.

Après on a mangé des Pistaches et je suis retournée chez moi.

Des fois, c'est bien de faire confiance aux inconnus.

jeudi 8 février 2007

Salut

Ouin, ben j'm'en vais m'acheter des frites au Double Pizza.
Bye

mercredi 17 janvier 2007

Village des Malheurs

J'ai fait une crise intérieure aujourd'hui au travail. (une de plus et j'ai droit à un rabais de 20% additionnel...)

Je dois quitter la prison à rabais, sinon il ne me laisseront jamais partir à moitié indemne comme je suis au moment... Ils ont déjà sectionné mon coeur et ma tête au tiers, je compte conserver les derniers morceaux.

Et y'a les clients, avec leurs esprits d'occasion, leur seul simili-plaisir étant d'acheter des nouveaux objets: c'est bel et bien prouvé quand on les voit venir échanger leur trucs inutiles à 1,99$ pour d'autres trucs inutiles au même prix. Ou deux trucs inutiles à .99 $.

Ils veulent voir du nouveau quand ils passent à ma cellule 30%.

Ils peuvent bel et bien se payer une nouvelle paire de jeans, car ils sont restreints d'amour et de vivacité, pas de comptes chèques ou épargnes. Et ils dépensent beaucoup. Tout les jours. 150$ de couvertes, de chandails, de coupes de vins et de sous-vêtements absorbant, c'est beaucoup, beaucoup de cochonneries.

Et il y a une véritable clique dans le magasin. Ils sont environ 7. On les vois tout les jours. Ils connaissent nos noms, ils savent quelles caisses donnent des meilleurs prix aux articles X, ils s'injurient pour savoir qui aura l'autre morceau du set de faux-china. Ils s'assoient dans la section meubles, ils empruntent des tasses et se servent de l'eau du robinet, socialisent.

Mais j'ai vu pire que ceux-la.

Ils changent la couche de bébé et ''oublient'' les petits paquets d'or sur le comptoir aux bijoux, nous laissant la tâche de nettoyer le tout.
Je me souviens d'avoir interrompu le souper d'une dame qui avait fait usage du micro-ondes. Comme si le fait qu'elle magasinait allait déranger sa bonne habitude de manger maison...

Et voilà. Si mon employeur voit ce blog, je crois que je n'ai plus d'emploi. Évidemment, je suis futée et j'ai utilisé mon vrai nom...!!!

jeudi 11 janvier 2007

La Gastro

J'ai pris toutes les précautions. J'me suis acheté un liquide-gel-en pompe-anti-bactérien-hydratant-aromathérapeutique-citroné (LGEPABHAC) d'un vieil homme allophone dans un dépanneur gros comme mon garde-robe. '' Take, put in bag, very cheap, one dolla.''

J'espère que ce n'était pas de la confiture aux agrumes, parce que je ne me sens pas si bien. J'aurais du le savoir avant, travailler dans un endroit comme le Village des Valeurs... Tellement de gens, tellement de mains, tellement de microbes...

J'espère ne pas attraper la maladie des joueurs du Canadiens de Montréal. Vraiment. Je ne me sens pas très bien.

Ma coloc ne se sentais pas très bien. Elle est partie chez elle, à Donnaconna. Elle a peut-être contaminé les poignées, avant que je m'achète le LGEPABHAC.

Ah non. La maladie est partout. Ah non, ah non. Peut-être sur ce clavier. Je ne sais pas. Ah non. Ou est mon putain d'LGEPABHAC?!

J'ai mal au coeur. Je ne sais pas si c'est les 3 bols de Froot Loops. Ou le gâteau au fromage d'hier. Peut-être que ma mère est contaminée. LGEPABHAC, ou est-tu!!!

Je dois travailler tantôt. Toucher toutes ces mains contaminées. Respirer les microbes. Ah non, je me suis touchée la figure. Les microbes ont peut-être sauté dans ma bouche. Ah non.

Ah non, ah non, ah non, ah non, ah non.