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dimanche 5 août 2007

San Francisco


Je pourrais reconnaître cette face n'importe où, peut-être c'est les cheveux. Evelyne était déjà à la gare avec Andréanne quand j'suis arrivée à San Francisco. Je suis finalement arrivée, finalement arrivée, finalement arrivée.

Il y a beaucoup de vent à l'extérieur, une brise qui vient durcir les mamelons de tout le monde, on m'avait prévenue qu'il faisait assez frisquet mais je ne m'attendais pas à ça. On prends un autobus, on en prends un autre. J'sais pas si il y en avait un troisième mais ça semblait une éternité. Les bus électriques freinent bien trop sec, une vieilles dame fait un tour sur mon genou. J'suis gênée, elle était assise sur moi pour plus de 10 secondes.

On arrive au Presidio, je vais dormir à 4 minutes du Golden Gate. On décide déjà de sortir, il y a un spectacle de Maximo Park. J'oublie mes cartes, on ne veut pas me croire que j'ai 18 ans, l'âge de rentrer mais pas de boire.

J'adore les États-Unis, à 18 ans on peut fumer et gratter des gratteux mais on ne peut pas boire. On peut aller à la guerre et tuer des gens mais on ne peut surtout pas boire.

Je décide d'aller me promener seule, je me dirige inconsciemment vers les crottés. J'ai accidentellement donné un 20$ à un chanceux; j'préfère de loin notre argent monopoly. Le Sud Africain de Chicago m'a dit que les billets américains étaient étranges parce qu'ils étaient tous de la même largeur. C'est complètement fou! Ils ressemblent à quoi, leurs portefeuilles, de l'art moderne? Je déteste cet argent.

Je ne me souviens plus ce que j'ai fait ma deuxième journée. Peut-être j'ai visité la ville. Je sais qu'elle est belle, tellement belle, les maisons sont des mini-cubes multicolores pastels. Bleurosepêchevertmauvepâlepâlepâle.

Vendredi, j'suis allée à la plage, Ocean beach. C'était inspirant, mais il y avait des mouettes mortes sur la rive, j'avais peur de mettre les pieds dans une. Je croyais que les vagues allaient m'emporter au loin et elles ne touchaient que mes pieds. Elles aspiraient le sable sous mes pieds et je glissais toujours un peu plus.

Le vent était puissant, je ne voulais pas m'envoler, je me suis enfouie sous le sable.

En revenant, des monsieurs sifflaient vers moi, peut-être voyaient-ils le sable dans mes culottes. À Montréal, on ne siffle pas, on klaxonne et on détale.

J'ai rejoint un ami à moi qui vient du nord de la Cali et on a passé les prochains jours ensemble. Il m'a montré une autre plage avec des plus énormes vagues et des plus énormes roches, des superbes cavernes pour se cacher du vent et des mouettes mortes partout. C'était sublime et mon coeur battait très fortfortfort.

Maintenant je sais ce que je veux comme garçon. J'aimerais bien l'original mais il habite beaucoup trop loin...

Ce soir là, il est allé crasher chez son ami qui habite loin. J'avais envie d'être avec lui mais je n'ai rien dit. Peut-être qu'il s'est tut aussi. Le lendemain matin, 4 messages sur mon téléphone cellulaire, je m'en viens, je suis tout près, réveille j'suis là, et Julien qui me dit Salut California Girl. On est allé faire le plus beau picnic au monde au parc le plus élevé avec une vue sur toute la ville. On a mangé du melon d'eau mais il était trop gros et c'était compliqué. Pourquoi j'ai utilisé mais? C'était superbe.

Il est parti dans un autre État américain mais il vient me chercher bientôt et je m'en vais avec lui dans le nord.

Je m'ennuie un peu.

Hummmmming bird.



J'aime San Francisco.

vendredi 3 août 2007

L'Amerique (pt.3)

J'en suis à mon dernier autobus avant la Californie. Entre Salt Lake City et San Francisco, on dort et on mange des bonbons et on parle et on parle et on parle. Mon amie sent mauvais mais c'est bonne affaire; personne ne vient s'assoir à côté de nous. Il faut dire que je ne sens pas la rose non plus, presque quatre jours enfermé dans un autobus, ça laisse des traces.

Il y a un garçon qui veut que je lui fasse une fellation dans les toilettes mais je dis non, je dis non, je dis non non non, jamais je ne lui ferai une fellation, encore moins dans les toilettes dégeulasses d'un Greyhound ou je risque de m'assomer sur la porte en métal.

Je dis que je viens du Québec, non monsieur, c'est au Canada, non il ne neige pas en ce moment, c'est l'été, monsieur. On chasse le castor, on ne regarde pas de films américain et tout le monde, y compris la police, se déplace à cheval et à la bicyclette. Carte de crédit? Qu'est ce que c'est? Le Canada, c'est un pays communiste, vous ne saviez pas?

Non, ils ne savaient pas.

Je n'ai jamais vu un paysage aussi magnifique et aussi schizophrène. D'un côté, des immenses montagnes vertes et grises, de l'autre, de petits arbres brulés, des buttes de sable et des routes collées sur le bord de la falaise. Des beaux lacs bleubleubleus, des miniatures cubes de maisons multicolores-pastels.

On arrive à Sacramento, une ville de magasins; moi et mon amie qui pue allons nous promener pour 45 minutes. Je dis que je viens du Québec, on me demande si je parle français. Je dis Oui, oui, I speak french. Ils me répondent en français.

On retourne dans l'autobus, on est presqu'arrivé. On est presqu'arrivé.

L'Amerique (pt.2)

Je retrouve la couverte en léopard après une courte journée d'autobus-mystère. J'suis entrée dans n'importe quel bus et je me suis rendue n'importe où. Ça a mené à rien du tout.

Avant d'entrer dans la maison, je me suis écorché le genou sur le trottoir et ça saigne et ça fait mal.

Il y a maintenant plus d'une semaine de ça, je devais me rendre à Denver à partir de Chicago, un des 5 transferts pour la Californie. Je commence à m'énerver, Greyhound est désorganisé comme c'est pas possible. J'ai du perdre au moins 20 heures à attendre.

Rendue dans l'autobus, je me dirige vers un siège libre et une fille m'interpelle, me disant que je n'avais pas l'air d'une psychopathe et que je devais m'asseoir à côté. Elle est devenue mon amie de voyage. Elle était plutôt intéressante.

Évidemment, comme je parle toujours très fort, les gens autour de moi réagissent souvent à ce que je raconte. Ça laisse place à des drôles de conversations. J'ai convaincu un gars qu'au Canada, on n'écoutait jamais de films américains et il neige 7 mois sur 12. Un peu plus et je lui racontait qu'on avait 87 secondes dans une minute.

Après Denver, c'est long. C'est long. Mais je dors beaucoup. J'ai fini mes livres, mon lecteur mp3 est mort depuis New York et je n'ai plus de feuilles libres pour écrire.

Il y a une grosse dame qui nourris ses enfants au junk food. Un géant sac avec des millions de sac de chips à l'intérieur. Du kool-aid pour le bébé. Ensuite elle se demande pourquoi bébé vient de vomir dans l'allée. Ça sent très mauvais et il reste encore 10 heures d'autobus.

On arrive au Kansas, il y a les 10 commandements sur les panneaux de publicité. Il y a une église qui s'appelle Tabernacle. Il y a un hillbilly qui essaie de me convaincre que le Crystal Meth, c'est la drogue la plus cool qui existe. Il souris et il ris fort, il n'a plus de dents. Son oreille est couverte de sang séché. Il a un tattoo, 100% Peckerwood.

Je me lie d'amitié avec tout pleins de gens, ils sont comiques. Il y a une petite fille à côté de moi, elle parle espagnol, elle me fait capoter. Trois ans. Une vraie petite bombe d'énergie, elle me sors des millions de mots que je ne connais pas. On se fait des high-fives et on ris fort. La chauffeuse fait un message dans le micro, les personnes qui ont en haut de 5 ans doivent se calmer. Je suis gênée et je me calme.

Il y a des enfants derrière nous avec leur grandmère. Le petit garçon est un ignorant et il m'a dit que les hommes étaient supérieurs aux femmes. Je l'ai fait badtripper en faisant l'éloge de ma moustache. Il m'a dit que c'était pour les hommes, les moustaches.
J'aurais du lui répondre que les seins sont seulement pour les femmes.

L'autobus arrête. La dame nous annonce qu'elle ne peut plus continuer, que ses heures de travail se sont écroulés. Ils ont un certain maximum d'heures par semaine. Je ne suis pas fâchée contre elle; si elle ne se serait pas portée volontaire, on aurait attendu bien plus longtemps. Si elle continue, elle se fait suspendre de son travail. Les autres gens sont arrogants. On est au Mc Donald, tout près de Salt Lake City. J'ai faim.

- I would like A cheeseburger and two chicken burgers please.
J'ai pris la commande de deux autres personnes.
- 11,45$
Je me dis que c'est cher parce qu'on est à l'autre bout du monde et que le McDo profite du désespoir des gens qui ont faim. On me donne deux sacs remplis de hamburgers. Je ne comprends pas mais je ne dis rien.

J'ai huit cheeseburgers. A cheeseburger, pas EIGHT cheeseburgers! Ça m'apprendera à vouloir bien prononcer mes mots en présence de gens qui ne parlent pas mieux anglais que moi. Les autres passagers qui avaient faim étaient bien content d'avoir un cheeseburger gratuit.

Ou deux. Moi j'en ai mangé deux. Bon, d'accord... deux et demi. La chauffeuse en a pris un.

Finalement, on arrive à Salt Lake City. On n'était qu'à 20 minutes de la ville et on est arrivés 3 heures en retard. Dernier transfert. Je commence à délirer, je raconte des niaiseries, mais je m'en fout. Je suis presqu'arrivée.

jeudi 2 août 2007

L'Amerique (pt.1)

Je suis assise sur le divan de la Coquine avec une couverte en léopard, une belle doudou en faux-animal pour me réchauffer parce qu'il fait assez froid à San Francisco, plus froid que je le pensais. Certaines parties du ciel sont enveloppées par la brume mais on peut distinguer les éclaircis sur l'autre rive. Elle vit à quatre minutes du Golden Gate bridge.

J'ai quitté Montréal dimanche soir, le 22, via Greyhound avec New York comme première destination. New York sous la pluie, je suis complètement mouillée, je préfère acheter un truc de maquillage bon marché au lieu d'un parapluie à 4$. Il pleut, ce n'est pas très beau, la ville ne m'impressionne pas. Elle manque quelque chose. Je marche longtemps, je veut découvrir quelque chose, je ne vois que des parapluies et des publicités, des businessmans et des cireurs de souliers.

J'en ai rien à chier, je suis toute mouillée, je m'assied sous un séchoir à main et j'attends. Une heure avant le départ de mon Express-Chicago, je m'attache à la file de gens pauvres qui attendent le Greyhound.

Mal organisée, la monopole. 4 lignées de gens qui n'en forment qu'une, ils vont au New Jersey, au Kentucky et au Texas. Personne ne sait où se placer. Je réussis à comprendre.

Un homme me demande when are you expecting, je lui réponds que je ne suis pas enceinte, que je ne fais que manger trop de chocolat. Franchement.

On me dit que je vais devoir faire un transfert quelque part. Rendue à ce quelque part, Pittsburgh je crois, on m'annonce que je vais devoir faire un autre transfert. C'était supposée être un Express, Greyhound me réponds qu'il faut blâmer la pluie.

Quand même.

Au deuxième transfert nocturne, je rencontre un garçon dans l'autobus. Il vient de l'Afrique du Sud, il a pleins d'histoires à raconter. C'est la nuit, on parle, on s'endort lorsqu'il fait jour. Il a un bel accent, j'aime l'écouter.

On arrive à Chicago, il m'achète un cheeseburger et un Coca-Cola, on se quitte. J'attends encore pour un autre Greyhound. Il est environ midi. Je suis fatiguée, je n'ai pas envie de visiter.

J'attends encore après Greyhound.