Je pourrais reconnaître cette face n'importe où, peut-être c'est les cheveux. Evelyne était déjà à la gare avec Andréanne quand j'suis arrivée à San Francisco. Je suis finalement arrivée, finalement arrivée, finalement arrivée.
Il y a beaucoup de vent à l'extérieur, une brise qui vient durcir les mamelons de tout le monde, on m'avait prévenue qu'il faisait assez frisquet mais je ne m'attendais pas à ça. On prends un autobus, on en prends un autre. J'sais pas si il y en avait un troisième mais ça semblait une éternité. Les bus électriques freinent bien trop sec, une vieilles dame fait un tour sur mon genou. J'suis gênée, elle était assise sur moi pour plus de 10 secondes.
On arrive au Presidio, je vais dormir à 4 minutes du Golden Gate. On décide déjà de sortir, il y a un spectacle de Maximo Park. J'oublie mes cartes, on ne veut pas me croire que j'ai 18 ans, l'âge de rentrer mais pas de boire.
J'adore les États-Unis, à 18 ans on peut fumer et gratter des gratteux mais on ne peut pas boire. On peut aller à la guerre et tuer des gens mais on ne peut surtout pas boire.
Je décide d'aller me promener seule, je me dirige inconsciemment vers les crottés. J'ai accidentellement donné un 20$ à un chanceux; j'préfère de loin notre argent monopoly. Le Sud Africain de Chicago m'a dit que les billets américains étaient étranges parce qu'ils étaient tous de la même largeur. C'est complètement fou! Ils ressemblent à quoi, leurs portefeuilles, de l'art moderne? Je déteste cet argent.
Je ne me souviens plus ce que j'ai fait ma deuxième journée. Peut-être j'ai visité la ville. Je sais qu'elle est belle, tellement belle, les maisons sont des mini-cubes multicolores pastels. Bleurosepêchevertmauvepâlepâlepâle.
Vendredi, j'suis allée à la plage, Ocean beach. C'était inspirant, mais il y avait des mouettes mortes sur la rive, j'avais peur de mettre les pieds dans une. Je croyais que les vagues allaient m'emporter au loin et elles ne touchaient que mes pieds. Elles aspiraient le sable sous mes pieds et je glissais toujours un peu plus.
Le vent était puissant, je ne voulais pas m'envoler, je me suis enfouie sous le sable.
En revenant, des monsieurs sifflaient vers moi, peut-être voyaient-ils le sable dans mes culottes. À Montréal, on ne siffle pas, on klaxonne et on détale.
J'ai rejoint un ami à moi qui vient du nord de la Cali et on a passé les prochains jours ensemble. Il m'a montré une autre plage avec des plus énormes vagues et des plus énormes roches, des superbes cavernes pour se cacher du vent et des mouettes mortes partout. C'était sublime et mon coeur battait très fortfortfort.
Maintenant je sais ce que je veux comme garçon. J'aimerais bien l'original mais il habite beaucoup trop loin...
Ce soir là, il est allé crasher chez son ami qui habite loin. J'avais envie d'être avec lui mais je n'ai rien dit. Peut-être qu'il s'est tut aussi. Le lendemain matin, 4 messages sur mon téléphone cellulaire, je m'en viens, je suis tout près, réveille j'suis là, et Julien qui me dit Salut California Girl. On est allé faire le plus beau picnic au monde au parc le plus élevé avec une vue sur toute la ville. On a mangé du melon d'eau mais il était trop gros et c'était compliqué. Pourquoi j'ai utilisé mais? C'était superbe.
Il est parti dans un autre État américain mais il vient me chercher bientôt et je m'en vais avec lui dans le nord.
Je m'ennuie un peu.