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mercredi 23 janvier 2008

Brèvement

J'ai beaucoup de plaisir à travailler au Saphir. Ça me donne une chance de socialiser sans avoir la pression, le stress et la rage de Jeudi-Vendredi-Samedi. Aussi... j'suis pas obligée de toujours danser et je ne me sens pas forcée à boire. Je vais commencer à travailler les mercredi en plus du mardi, à partir du 6 février. Les deux soirées ne sont que 3$. J'espère que vous allez venir me dire bonjour!

J'étais tellement contente de voir Julien hier. Ça faisait longtemps. On s'en va à New York et à Toronto dans les deux semaines qui suivent, j'ai hâte...

J'ai finalement fait développer mes photos de mon appareil jetable qui a survécu à Venice Beach. Voilà.



mercredi 19 décembre 2007

La mode

À Venice Beach, certains crackheads prenaient plaisir à voler mes vêtements pendant que je dormais dans ma chambre à aire ouverte mon stationnement. Je n'avais pas assez de m'être fait piquer toutes mes possessions. Non! On a donc prit mes souliers, des coton ouatés, toutes toutes toutes mes jupes, et autres, sur une période élargie d'environ un mois.

Ayant vécu comme une bum en Californie, et m'étant départie de tout désir matériel, je me suis retrouvée plutôt dénudée à mon retour.

Je ne possède que des fringues que je ne porterai jamais.

Un gigantesque manteau en fausse fourrure de tigre, une petite robe bleue qui rappelle une hôtesse de l'air/actrice porno, une veste style Sgt. Pepper meets the Nutcracker, des fermetures éclair qui me rappellent les kilos en trop...

Travailler au Village des Valeurs m'a lancée dans un monde d'illusions. Je l'ai enfuit lorsque j'ai trouvé le t-shirt promotionnel de téléphones cellulaires.

Je ne possède même pas une paire de jeans propres, sans trous, encore moins de pantalons normaux.

Je n'ose pas mettre le pied dans un centre commercial jusqu'au mois de février. Les gens semblent sentir beaucoup plus mauvais qu'à l'habitude. La capacité maximale des magasins est divisée par sept à cause des manteaux d'hiver. Les dames-ballounes font leur shopping en compagnie de leurs manteaux en fourrure de chien. La capacité maximale des magasins est divisée par sept mais on y fourre 30 fois plus de gens.

Je passe donc les fêtes avec un bas de pyjama bleu extra-large et un énorme t-shirt du défunt groupe Bush, mettant en vedette la grosse face de Gavin Rossdale.

Au diable les possessions lorsqu'on vit sur la plage... mais quand on arrive à Montréal, il faut de l'argent. Et des beaux vêtements. Ils est plus compliqué d'impressionner un montréalais qu'un californien. Expliquez-moi la logique.

mardi 25 septembre 2007

Instabilité

Jeune homme de 20 ans, instable et insécure; attaché à mon bras, attaché à ma main, attaché à mon pouce, il rêve, je ne bouge pas.

Il ne peut dormir seul, lorsque je partirai, il en trouvera une autre, même si je lui manque, il en trouvera une autre. À la base, je suis ici par nécessité, je ne lui dirai jamais.
Par contre, si je ne me suis pas dégagée de sa proximité aussi rapidement, c'est à cause du syndrome du petit chien battu. Je ne fut jamais capable de les laisser sur le trottoir ce qui me causa souvent de grands maux. Dieu sait si il se rendait compte de son talent.

Souvent, son corps se contracte et se décontracte rapidement, ça me rappelle mon ancien copain, dommages cérébraux dus à la drogue, heureusement que celui-ci n'est pas (encore) un héroinomane.

On dort dans un stationnement mais il a un emploi. Disons. Il ne peut toucher à son argent jusqu'à 25 ans, la Cour a jugé qu'il ne pouvait pas gèrer ses finances, qu'il ne serait utilisé que pour la drogue... Ses parents s'en occupent, ils sont riches, ils s'en foutent.

Il a un emploi mais comme je suis à ses côtés en ce moment, il ne travaille pas. Son argent, qu'il ne touchera pas jusqu'à ce qu'il soit ''capable'', il le gagne en faisant de la pornographie. Son gérant, c'est son ancien vendeur de crystal meth.

Autrement, il ne pourra jamais avoir un travail. Qui l'engagerais avec un dossier aussi lourd? Il a passé la majorité de sa vie dans un hopital psychiatrique. Il est instable et insécure.

C'est une des personnes les plus gentilles que j'ai eu la chance de rencontrer. Impossible de connaître quelqu'un de plus généreux. Il s'est occupé de moi pour plus de quatres semaines, il a tout partagé pour que je sois bien. Il a toléré mes sautes d'humeurs, mes coups, mes insultes, mes crises. Il m'a acheté des tampons sans que je lui demande.

Il est acteur dans des films de cul, il est accro au sexe, il a été violé à 7 ans. Il ne fonctionne pas normalement.

À 13 ans, il a eu un enfant. L'an passé, il est décédé. Accident d'auto, sa mère a ''oublié'' sa ceinture.

Je l'ai laissé à la plage pour me rendre dans le nord avec un garçon plus normal, un prospect bien plus prometteur, et il a pleuré. Il a pleuré avant que je parte.

Il y a deux jours, il me dit qu'il s'est shooté, aiguille, héroine, n'est-il pas au courant que ça m'affecte plus que d'autres? Il veut que je revienne. Je ne peux pas.

Il s'ennuie, il m'aime, je lui manque, je ne peux pas.

samedi 22 septembre 2007

Rendez-moi mes souliers!


Ils veulent savoir ce que j'ai fait? Vraiment? Je commence avec le pourquoi, pourquoi je me suis décidée à dormir à la belle étoile, car il n'y en avait qu'une et c'était peut-être la lune, pourquoi je me suis décidée à dormir dans un stationnement pour un mois alors que je pouvais retourner à San Francisco et m'étendre sur le divan?

Plusieurs facteurs, mais surtout une promesse, il venait me chercher, on allait fuir dans le nord pour quelques jours. Mais elle s'est allongée, il y a eu des problèmes d'automobile, quatre jours sont devenus un mois. I wanted to prove a point aux gens qui me disaient qu'il ne se pointerait jamais. I wanted to prove a point to myself aussi.

Mes premiers jours, je suis restée sur un bateau, je pouvais y rester aussi longtemps que je désirais. Je pouvais aller à la plage tout les jours si je marchais l'heure qui me séparait de l'océan, Venice Beach.

J'y ai rencontré un personnage assez intéressant, une rock star déchue qui vit sur ses royalties 30 ans après avoir remplacé quelqu'un dans un groupe punk. Lui et moi avons fini par dormir sur la plage ensemble pour quelques nuits d'affiliée. Le deuxième soir, je me suis réveillée sans mon sac à main. Plus de téléphone cellulaire, plus de caméra digitale, plus de lecteur mp3, plus de cartes d'identité, plus d'argent.

Mes recherches sur Internet me laissent savoir qu'il n'était pas vraiment apprécié, qu'il n'avait pas grand talent. Je suis tombée sur un paquet d'informations mais ce dont je suis certaine c'est sa piquerie dans le stationnement plusieurs semaines après notre rencontre.

Je m'étais graduellement liée d'amitié avec des gens de la plage. Ils m'aidaient à faire de l'argent pour manger. Malheureusement, le voyage du bateau à la plage était exigeant à tout les jours et je m'associa à deux nouvelles connaissances qui partagèrent tout avec moi.

On dormait dans le stationnement près de la bibliothèque, je me suis habituée au ciment après quelques jours. La police nous dérangeait quelques fois mais elle était assez tolérante à notre égard. Plusieurs autres sans-abris partagaient ce même stationnement et je rencontra des tonnes de personnes différentes dans cette mini-communauté.

Comme ce crackhead, un musicien ultra-talentueux qui avait autrefois un contrat de disques avec Capitol records, qui m'offrait sa drogue fétiche car sa rends intelligent.

Comme l'inconnu qui a volé mes souliers. Et ma jupe. Et les pantalons de mon ami.

Pendant la journée, je sortais ma pancarte, need 1$ for weed, car personne n'offre de l'argent pour de la nourriture. Ils ne nous croieront simplement pas. Les weekends, je pouvais accumuler environ 15$ que je partageais avec les autres.

Si on avait 5$ chaque, on faisait un tour à Hollywood pour prendre une douche, se laver, se raser et manger de la bouffe de dépanneur, des trucs instantanés et des chips, des jus qui goûtent le bleu. J'y ai rencontré des gens intéressants.

Comme la blonde squelettique qui avait l'air d'avoir 13 ans, celle avec une grosse bosse de bébé sur le ventre et un accent du sud, celle qui consommait de la dope et qui fumait tout pleins de cigarettes. Celle qui n'avait tout simplement pas de sens de l'humour, celle qui voulait arracher la face à tout ceux qui la regardait. Et on ne peut tout simplement pas ne pas la regarder.

Une fois j'ai trop bu, j'ai foncé dans une bicyclette, elle était stationnée. Le garçon dessus a tombé, moi aussi. Je saignais de partout, je trouvais ça drôle, mes cicatrices ressemblent à une morsure d'ours.

San Francisco

Je suis à San Francisco. Devant l'ordinateur.

Mon teint orange-bronzé travaillé à Venice Beach commence à peler de ma figure et laisse entrevoir un peu de Montréal et sa promesse de futurs vendredi soirs; le métro, les bottes couvertes de résidu urbain, l'intérieur de mon foulard crouté.

Il ne fait pas si chaud à San Francisco.

Je retrouverai ma vraie vie à la toute fin du mois d'octobre, je me dis. Mes plans initials ne couvraient que deux semaines.

Ça en fait neuf.

Ma bouche s'est fait surprendre dans un scandale concernant les dents de sagesse et elles sont en train de se révolter de facon très mal calculée. J'ai mal, j'ai mal, j'ai mal, ça déchire mes gencives et j'ai peine à manger. J'ai donc très peu d'énergie. Je suis devant l'ordinateur.

vendredi 21 septembre 2007

Au revoir, VB

J'ai quitté la vue sur la plage et les nombreux touristes qui passaient regarder à travers ma fenêtre de chambre. J'ai quitté la proximité ridicule de la plage et les grains de sable qui se regroupaient sans invitation dans les replis humides de mes couvertures.

J'ai remplaçé les pointes de pizza à un demi Lincoln pour du yogourt sans gras parsemé de menthe dans un bar à vin.

J'ai laissé derrière le carnaval qu'est Venice Beach, cette fanfare à laquelle je me suis attachée si solidement,
les confettis collés entre les orteils.

J'ai abandonné mon lit sous le canal de Venice, j'ai abandonné les rêves impossibles de mes voisins et mes nouvelles inspirations qui se fondaient dans l'eau opaque, pleine de canards, à mes pieds.

Au revoir, VB.

jeudi 6 septembre 2007

Coquerelles

Aujourd'hui, quelqu'un a trouvé un sac,

un grand sac parfait pour voyager, un sac carre, un sac solide, offert a

(avec un accent)

un ami. !

Il est grand, il est parfait pour voyager. Oh non! Il est rempli

de coquerelles.

Les coquerelles

sont des insectes très nombreux en Californie. Ils se promènent partout, dans la rue, bien des ruelles. Ils sont plus populaires qu'à Montréal, personne ne les aime, mais personne ne quitterait sa maison pour une

coquerelle.

Maman et Papa nous a fait quitter bien des endroits a cause

des coquerelles.

Il est rempli de coquerelles

et tout le monde crie, tout le monde les écrasent, pure folie. Elles continuent de sortir, personne ne veut le faire.

Je prends le sac parfait pour voyager, je n'ai pas peur, je le prends dans mes mains et je vais le jeter dans la poubelle. Les coquerelles

se promènent, elles se cachent dans la poubelle.

Je n'ai plus de peurs, je n'ai plus de phobies, je dors dans la crasse et je n'ai pas peur.

mardi 4 septembre 2007

Les canaux de Venice, California

Je n'ai que 2 t-shirts qui alternent au courant de la semaine, un bleu et un noir. Je ne m'allongerai pas au sujet de mes sous-vêtements. Je me réveille souvent avec des morceaux de ma garde-robe manquants, un homme a volé ma jupe il a volé ma jupe

Je dors sous un pont dont l'odeur se nomme Los Angeles; ça sent les excréments de canards mais ils ne me réveillent point le matin.

Certaines journées, quand l'argent le permet, je fais un voyage a Hollywood pour me laver et bien manger. Lorsque je me rince mes cheveux, l'eau prends un aspect ennuagé le savon devient gris ça ne me dérange pas. La douche est croquante de sable.

Non, je n'ai plus peur la nuit.

lundi 20 août 2007

Le chat de goutières

Update rapide et pas esthetique du tout:
Je vais bien.