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vendredi 4 juillet 2008

Du sérieux kiss and tell

Il s'approche et il m'embrasse. Avec la langue. Avec les dents. Ça ne m'énerve pas. Pas plus de quatre secondes plus tard, c'est lui qui demanda: you want to go in the van?

Ça impliquait tout ce qui ne s'était pas dit. Le gars en question fut rencontré quelques heures plus tôt. Un mec de Toronto qui travaillait pour la première partie du spectacle. L'atmosphère était fébrile, les petites filles criaient, s'époumonaient, reniflaient, tremblaient d'excitation à l'idée des rockstars qui jouaient ce soir là. J'y étais pour y être, tout simplement.

Il n'était pas méchant, notre humour s'équivalait... et il était mignon. Mais je n'avais pas envie d'être comme toutes les autres fillettes qui s'étaient aventurées dans la van. Ce n'étaient pas elles qui contrôlaient la situation. Elles se soumettaient à n'importe quoi. Les gars du groupes, c'est leurs idoles. Des vraies de vraies groupies, quoi.

Et puis, ce n'était pas lui que j'avais spotté, à la base. Un membre de l'entourage du groupe, chemise à carreaux sur le dos; il me regardait droit dans les yeux. Je le voyais venir, j'ai attendu qu'il m'approche. J'ai fait une blague idiote ou deux. Un ontarien transplanté à Montréal. Oh, c'était gagné d'avance, je le voyais bien.

Et si chose-bine de Toronto allumait la lumière? Depuis quelques jours, les traces d'une réaction allergique inconnue autour de ma bouche persistaient, un horrible obstacle social que j'ai réussi à camoufler avec des couches et des couches de peinture à visage. J'crois pas qu'il y en a un qui a remarqué, ils n'ont pas eu très peur en tout cas.

Je rôdais autour de la chemise à carreaux. Facilement perceptible de loin; j'en portais une aussi, pour le même but. Avant même que je me décide à lui agripper le collet et lui montrer ce que je sais faire, le groupe et son entourage s'est éclipsé vers le pire bar de Montréal. La van était pleine à craquer, pas de place pour moi. On me demandait de les rejoindre. J'avais le choix.

Pas une cenne dans les poches. J'ai quêté un lift en taxi. J'ai quêté 2,75$ pour l'autobus. Quand je me suis rendue, il était là, chemise à carreaux. Je n'avais pas l'argent nécessaire pour monter au deuxième étage; lui non plus, supposément. Je me suis assise sur sa cuisse, j'ai enduré ses références trop directes au sexe, le sujet de notre conversation n'était pas vraiment importante. Il est remonté en haut, je suis venu le rejoindre 15 minutes plus tard, à 2:30. Il dansait avec des fillettes, il ne me prêtait aucune attention, j'avais pas envie, j'suis allée me cacher dans un endroit un peu moins bondé, et il était là. L'autre. Celui du début.

Let's go in the van, come on.


Avais-je envie de me coller le dos dans le sperme du gars qui y était passé plus tôt? On avait bel et bien vu la fille en sortir, les cheveux en bataille, l'eyeliner coulé, et y rentrer quelques minutes plus tard avec un autre. Je ne voulais pas être celle là. Je ne voulais pas être comme ça! J'étais particulièrement sage depuis les dernières semaines, je n'avais pas du tout envie de retrouver mes mauvaises habitudes.

Ah, et puis, pour qui il me prenais, bordel? Il n'était pas question que je...

Le bourdonnement de la ville réussissait presqu'à le claquement des talons aiguilles des prostituées transsexuelles au travail. Mes souliers sur le banc devant, mon chandail par dessus la tête. Ce n'était peut-être pas une si mauvaise idée. À l'abri derrière les fenêtres teintées, je m'en foutait carrément...

(...)

Comment rassurer l'Homme, 5 minutes plus tard.

- Wow... I don't know why I was so quick.
- Hmm. Yeah. Probably because I'm so sexy.
-... Yeah.


Pff.

Mon bout préféré de l'histoire, c'est lorsqu'il m'a expliqué qu'il n'était pas du genre à avoir une copine. Comme si il avait peur que je lui laisse des post-it d'amour sur son bureau. Comme si j'avais besoin qu'on me le dise. Comme si j'étais une fillette qui croit que c'est coulé dans le béton quand elle enlève ses pantalons.

Il ne m'a pas eu. C'est moi qui a gagné. J'vous assure!

En tout cas. Ça ne finit pas là. On se rends au bar; il entre, je l'attends à l'extérieur. Chemise à carreaux se pointe, il me prends d'assaut, il essaie de me tripoter devant la foule. Très comique.

Il veut aller chez moi. Je n'ai pas de chez moi. Je le questionne à propos de son chez-soi. Il me dit... il me dit qu'il a menti. Qu'il n'habite pas à Montréal. Je vois son jeu. C'est très clair.

- You have a girlfriend. Waiting at home. I win.

J'ai regardé la bosse dans ses shorts une dernière fois puis je suis partie. Ce n'était pas facile.

mercredi 4 juin 2008

Mon premier baiser

J'avais oublié cette chanson que j'avais ajoutée dans mes favoris. Nu Flyver Anton de Björk, ce qui signifie Maintenant, Anton s'envole. C'est la chanson titre d'un film danois sorti en 1996.

La plupart du temps, lire les commentaires des films YouTube s'avère exaspèrant. Cette fois, cependant, quelqu'un a eu la gentillesse de traduire la chanson en anglais. En gros, il recoit son premier baiser, sa langue devient une hélice et il s'envole. Joli, hein?

Ça m'a fait penser à mon first kiss à moi. Au primaire, je n'avais jamais de copain d'une semaine. J'ai du attendre à ma deuxième année du secondaire pour tomber sur le fucké de l'école. Docs martens, chaînes, bracelets en clous, tattoo de Slipknot... Oh, il était vraiment pas cute. Mais c'est le premier qui ait décidé de m'embrasser.

- J'ai un cadeau pour toi. Ferme les yeux.
- Yéé!

Avoir su, je me serais peut-être tassée... Mais j'ai tendu les mains, et au bout de quelques secondes, j'ai entrouvert les yeux pour voir son visage s'approcher rapidement et dangereusement du mien.

C'était tellement prévisible! Même que la veille, sur MSN, il m'avait envoyé des coeurs et des fleurs en émoticon.

Suivant l'évènement troublant, j'suis partie à mon cours de mathématiques, les jambes molles. Ce n'était pas le garçon qui me faisait ça, c'est certain, mais je chialais depuis des années mon désir d'avoir un copain. Pour les trois prochaines semaines, j'ai réussi à me convaincre qu'il était correct.

Il était nul. Mais j'ai enduré. Pour la première fois de ma vie, les gens savaient mon nom et j'avais des amis.

Il était nul. Il avait des morceaux d'hotdog accrochés à ses broches alors que je refusais de manger de la viande. Il était tout pâle, vraiment ''adolescent en détresse'' et... il aimait Slipknot, bordel.

Alors que je tombais en amour avec son bel ami italien, mes amies ont du me convaincre de le laisser une fois pour toute, parce qu'après une semaine d'ultra-bitcherie, le garçon ne me lâchait toujours pas. Il collait sa langue au fond de ma gorge comme un dard.

J'lui ai écrit une belle lettre. Je ne crois pas qu'il l'ait lue. On ne s'est plus jamais parlé, mais sa présence ne s'effaçait pas de mon univers. Le gars faisait parler de lui. C'est ça, les ''fuckés''...

samedi 3 mai 2008

La nuit

Je l'ai rencontré un an plus tôt au même endroit. On avait gardé contact au téléphone alors qu'il traversait les États-Unis en tournée avec son groupe. Une amitié à distance que j'entretenais allégrement. Hier, il était de retour à Montréal pour une prestation.

J'avais mis mes jolis talons hauts. Il m'avait acheté de la crème glacée sur Prince-Arthur. On l'a mangée dans le Square, une bouchée entre deux blagues grossières. Ça ne pouvait pas être plus beau, mais j'avais tort.

De retour à la salle de spectacle, le dernier groupe avait fini de jouer. Je ne pouvais respirer, le taux d'humidité adolescente de la place étant relativement mortelle. Discrètement sortis par la porte arrière, défendue, il a proposé de monter sur le toit. J'avais mis mes jolis talons hauts. Aucun besoin de me convaincre plus longtemps; j'étais déjà entrain de grimper les barreaux de métal, un appui discutable sous mes souliers fragiles. Je n'aurais jamais osé me hisser sur le toit d'un bâtiment auparavant.

Si près du rebord, on pouvait voir St-Laurent, on pouvait voir Mont-Royal, et les lumières des voisins. Sous nos corps étendus, le boulevard bourdonnait. La garnotte collée dans sur le dos, j'aurais misé n'importe quoi que les étoiles vibraient en réponse mais ce n'était que la fatigue. Les sirènes criardes, les fêtards bourrés, les odieuses automobiles vides, le vrombissement du club échangiste connexe... ha! Rien ne pouvait troubler la paix, le calme dans lequel je coulais.

Vous pouvez bien imaginer le reste. C'était la soirée la plus romantique de ma vie. Dommage que le principal concerné soit incapable de tomber en amour... je descenderais volontiers au Kentucky.

Tant pis.

jeudi 20 mars 2008

La deuxième partie de la triste histoire de ma rechute

Peut-être aviez vous lu, il y a quelques semaines, mon entrée sur un certain band. Ne la cherchez pas; je l'ai enlevée, ne voulant pas passer pour une groupie.

Groupie: quel mot terrible, dénigrant, dégradant, et j'en passe! Oui, on le sait. Le terme groupie m'est souvent attribué, à la blague ou pas, et il me rends très aggressive. On le sait, les femmes qui profitent de leur liberté sexuelle à leur aise sont stygmatisés. Ce n'est pas de ma faute si une grande partie de mon entourage se contentre sur la musique. J'ai pas choisi. C'est arrivé. Comme ça.

Groupies sleep with rock stars because they want to be near somebody famous. Célèbre? Franchement. Pete Doherty est célèbre. Pas le gars qui fait des shows au Barfly. Célèbre? Je n'ai pas fait exprès. C'était mon anniversaire, j'avais envie de faire la fête, j'avais envie de... de baiser, bon.

Je ne vais pas défendre mes droits sexuels, ceci n'est pas un texte argumentatif, mais bien la triste histoire de ma rechute. Je vous l'ai déjà dit.

Et voilà que je discute avec Monsieur X, de nos courtes rencontres passées, de notre ami commun qui est rendu gros. Physiquement. On va se promener dans l'établissement, il me traine aux toilettes des hommes, il me traite comme une groupie, je le traite comme n'importe quel beau con, 5 minutes plus tard, il a terminé... et moi, j'attends. Il enfile son veston, il ferme la porte derrière lui. Et moi? .... et moi?!

Ce n'était pas pour lui que je l'avais séduit. J'avais aucunement envie de lui, euh, rendre service. Mais me voilà intacte, j'étais intacte, sauf peut-être mon égo qui venait de subit un solide coup de pied dans les côtes. De plus, j'étais encore plus frustrée sexuellement qu'avant de partir.

J'suis entrée au Saphir, furieuse, sachant aucunement ou aller autre que cet endroit. Depuis 3 mois, j'y passait mes mardis, et on m'avait renvoyé de cette soirée quelques jours auparavant. J'suis passée comme un houragan devant la petite nouvelle au vestiare. Impoliment. J'ai raconté mon aventure en semi-cris à mes amis habituels des mardis. J'ai défendu mon cas de renvoi à un autre. J'ai fait la paix avec les djs. Et j'suis partie aussi rapidement que j'suis arrivée.

J'ai rejoint Evelyne au Rockette. Eh oui! ELle est à Montréal pour la semaine. La deuxième partie de l'houragan montréalais qui avait conquis San Francisco. Ma partner in crime. C'était si bien de la voir. La rage s'est dissipée mais la frustration sexuelle était toujours là, surtout que La Coquine me molestait ouvertement et racontait certaines anecdotes que je ne conterai jamais à ma mère.

Shooters après verres après shooters, j'avais toute la misère possible à effacer le sourire idiot que portent les saoulons avant de crier qu'ils sont rois du monde. J'étais si bien entourée. Et ma Californienne était sur mes genoux. Que demander de plus?

Elle est partie manger de la poutine avec un ami qui lui léchait les oreilles tandis que je suis restée un peu plus longtemps. J'ai continué de boire. Gratuitement. C'était ma fête.

(Nous sommes rendus aux paragraphes que je prends la peine de censurer afin de ne pas affecter ma carrière éventuelle en politique.)

Ensuite, j'ai ____________________________________(...) , je me suis écriée: sacrament! et c'était une des plus belles expériences que j'ai eue. Ensuite, vers midi, j'ai appelé ma mère et je me suis achetée un livre de Jack Kerouak. Je n'avais pas envie de me trouver des nouveux vêtements.

Malheureusement pour vous, je ne vous raconterais pas avec qui j'ai vécu cette croustillante anecdote. Vous me traiteriez encore de groupie...

La triste histoire de ma rechute

Je suis allée regarder de la musique, mardi. J'avais établis un plan et ça a fonctionné... relativement.

J'ai passé dimanche et lundi à pleurer une histoire qui s'est déroulée il y a 5-6 ans. Je n'en parlerai pas sur mon blog, mes histoires tragico-familiales ayant aucunement leur place ici. Bref, je me suis réveillée mardi après-midi, les yeux bouffis, mais ceci n'est pas une comptine à violons, c'est la triste histoire de ma rechute. Les yeux bouffis et le visage ravagé, j'avais envie de baiser comme une sauvage.

Ceux qui me connaissent le savent; je suis en processus de détachement d'une dépendance à la conquête. Au sexe. Considérée frivole, ce n'est quand même pas une particularité bénigne. Oh, je sais, ça n'a pas l'air aussi méchant que d'être accroc au crack, mais il y a des moments ou je me rappelle à quel point j'étais perdue.

Je pourrais vous expliquer mon cas un peu plus clairement mais ceci n'est pas une analyse psychologique; c'est la triste histoire de ma rechute.

Comme un cocaïnomane cherche sa dose quand la vie lui fait une grosse merde dans ses souliers, je me suis rasée les jambes et j'ai enfilé ma plus petite camisole. Je ne pouvais pas être triste; c'était mon anniversaire.

Mardi soir, la place était bien remplie... de gens handicapés esthétiquement. Ah, ouais, et moi? Je m'étais habillée en groupie, vous allez me dire, avec cette fichue camisole délicatement trouée des Rolling Stones et des toutes petites shorts. Quel cliché! Je hoche encore la tête.

Le spectacle était excellent mais ceci n'est pas une critique musicale; c'est la triste histoire de ma rechute...

(La suite plus tard.)

mercredi 27 février 2008

Le Stationnement

Curieusement, je viens tout juste de me souvenir de cette histoire.

C'était le début de l'automne 2006 et je commençais le CEGEP. Oui oui, vous vous souvenez? J'allais à l'école, avant. Comme il était beaucoup trop tôt, je devine environ sept heures, je faisais les cents pas sur Sainte-Catherine jusqu'à ce que mon cours débute. Cette fois-ci, je croisa un grand garçon, très beau sous la crasse dans sa figure. Il me quêta quelques sous, je lui en offrit cinquante, il m'en demanda un peu plus, je me fâcha. Mais comme il était très beau sous la crasse dans sa figure, on continua de discuter et il me fit un câlin. Il s'appelle Simon, je crois.

Je ne me souviens plus comment il a fait, (ça n'a probablement pas été compliqué de me convaincre), mais je me suis retrouvée derrière une bâtisse, dans un stationnement, tout près de Ste-Catherine. On s'est assis, il m'a embrassé, il m'a dit quelques mots doux et ensuite il a sorti sa crack pipe et sa bite.

Paraît-il que c'est tout un feeling de se faire taponner pendant qu'on se défonce le cerveau.

Quand je lui ai dit que je devais me rendre à mon cours, il a tenté de me convaincre d'aller dans un cinéma-sexe en sa compagnie. J'ai continué de marcher. Il m'a tiré le bras. Je ne l'ai plus jamais revu.

Enfin, je crois.

Je vous le demande donc; quelle est la morale de cette histoire?

vendredi 22 février 2008

Les sorties

Je me frappe constamment la tête sur le comptoir de la cuisine. Je n'ai pas pris ton nom, ni ton numéro. En fait, je ne t'ai même pas laissé m'embrasser, et ce, même si tu léchais mon cou. Malheureusement, il n'était pas enduit de caramel. Considérant que nos organes génitaux se frottaient fébrilement à travers nos jeans respectifs sur l'air de Take on me, je me demande si tu étais vraiment aussi mignon que dans mes pauvres souvenirs flous.

Par contre, il y a une chose dont j'suis certaine: câlisse qu'on dansait mal.

Bref,


Vous vouliez le savoir; mes produits de beauté favoris sont les testeurs qui n'ont pas de mécanisme de sécurité sophistiqué. D'autres questions?

Bref,

Les hommes sont charmants.

- Toi, t'es complètement saoule.
- ... Ah ouais?
- Ouais, tu marches pas droit, tu passes le test.
- ... D'accord. Est-ce que j'ai droit à une médaille?
- Seulement si tu fais quelque chose de bien.
- ... hein?
- Suce ma bite et t'auras une médaille.
- T'es chanceux qu'il n'y ait persoinne autour parce que je t'éclaterais la face.


C'est vrai, je ne cherche jamais la bataille lorsqu'il n'y a personne pour me voir gagner...

Bref,

Je sors beaucoup ces temps-ci. Ça ne me paraît pas aussi terrible qu'il y a quelques semaines. J'suis allée au Jupiter Room, pour la première fois depuis l'âge de 16 ans. Il y avait un paquet de ces gens là. Par contre, j'étais bien heureuse d'être avec des amis qui ne me voient que derrière le comptoir du vestiaire au Saphir...

Bref,


Une fois, j'suis allée au Tokyo Bar pour 30 minutes. J'ai presque pleuré tellement ça m'était pénible. Ces gens là, ces gens là... Ils étaient partout.

Bref,

J'aimerais bien me séparer en 7 pour aller à tout les évènements intéressants qui ont lieu ces temps-ci. Ça continue ce soir; je m'assurerai d'avoir le cou qui goûte la vanille ou le caramel...

vendredi 15 février 2008

Le Sauvage

Non, ce n'est pas correct.
Non, ce n'est PAS correct.

Que t'ailles mis ta main si loin entre mes jambes que j'ai senti tes doigts sur mon nombril, c'est pas correct. J'ai pas le droit de me pencher pour parler à quelqu'un sans me faire molester? C'est pas correct. Qu'on me dises d'en revenir parce que c'est ''pas si pire que ça'', c'est vraiment pas correct. Lâchez-moi, lâchez-moi tous!!! Pis toi, crisse, j'te connais même pas pis t'oses me poigner le cul d'une façon aussi sauvage...

J'aurais du de crisser mon poing sur la gueule. Mais j'ai eu peur de perdre ma job. Voyons donc. C'est totalement justifié. J'aurais vraiment du. Parce que j'suis capable. Câlisse que j'suis capable.

J'aurais du te crisser moi même en dehors, te pousser en bas des marches qui descendent beaucoup trop raide.

'' C'est pas si pire que ça, c'est pas si pire que ça'', ça paraît que tu ne t'es jamais fait agresser mon ami parce que t'aurais pas le sourire plaqué sur la face si ça t'arrivais une fois de plus.

Calisse, c'est pas correct de faire ça. Il n'y aura jamais assez d'excuses pour me calmer.

vendredi 1 février 2008

Les gagnants du genre

Remontons à la vieille époque, été 2006. Mon secondaire fraîchement terminé, je m'étais déniché une location d'été à NDG. Un appartement spacieux pour 200$ par mois. Parfait pour ma job de télémarketing à temps partiel; je vendais des systèmes de sécurité ADT de 9 à 1 heure et je pouvais ensuite profiter de ma vie. Aucun engagement nécessaire, je retournais à Mirabel en Septembre dans ma petite vie rangée.

Comme n'importe quelle mineure de banlieue, je me rendais quotidiennement sur Sainte-Catherine avec les yeux ouverts très grands, comme si le concept de boutiques de luxe et vendeurs de crack sur un même coin de rue était fascinant. J'appréciais ma nouvelle vie, ma nouvelle liberté. C'était bien.

Un jour, assise près de la fontaine de la Place des Arts, j'observais trois punks de rue, une fille et deux garçons. À mes yeux, ils incarnaient la liberté totale et ceux-ci paraissaient vraiment très heureux. Tentant de les épier de la façon la plus subtile possible, je ne pouvais cesser de me retourner.

Ils se mirent à marcher vers l'est; ne pouvant m'en empêcher, je les devança. Comme j'espérais, on m'adressa la parole.

Excuse-me miss, may I pinch your bum?

Absolument. C'était le garçon qui avait un petit chaton blanc enlacé au cou. Il agit avec toute la délicatesse du monde, me pinça la fesse, et se présenta ensuite. Un genre d'hippie avec des objets divers dans les cheveux pleins de nœuds. Il m'offrit de le visiter un jour, qu'il était toujours quelque part sur cette rue, que je pourrais venir boire avec lui. Pourquoi pas maintenant, lui répondit-je, et je pris une gorgée de son Fruitopia-Vodka.

C'était intéressant d'être assise sur le trottoir, ressentir le dégoût ou la pitié des passants et voir à quel point ils nous regardaient de haut. Rapidement, je me suis adaptée à la situation. Ensuite, j'ai embrassé le garçon. Avec la langue. Même si il ne se brossait jamais les dents.

Il n'avait aucun potentiel de top modèle, même pas pour un circulaire Canadian Tire, mais je le trouvais extrêmement attirant. Je pourrais faire une psychanalyse de mon comportement mais je laisse ça aux adeptes de mon blog. (Allez.) Un garçon doux et fragile avec une histoire d'abus,
de viols et de violons. Il venait de Saskatchewan ou l'Alberta. Ou l'autre province, là.

Manitoba, c'est ça.

Un soir, alors qu'il était bien saoul, il m'a conté pleins de conneries à propos de ses rêves et de ses ambitions. Il voulait se trouver un emploi et un appartement pour m'y amener. J'y ai cru, j'y ai cru! Bizarrement, il n'a jamais voulu dormir chez moi; il préférait le ciment.

Tout d'un coup, ils ont disparus. Tous les trois. Quelques semaines plus tard, sur la Main, j'ai rencontré son ami de la fontaine. Celui avec la barbe, là. Paraît-il que Prairie Boy a été arrêté pour possession et vente de Crystal Meth.

Depuis, je n'ai cessé de jeter mon dévolu sur des gagnants du genre. Merci, Sainte-Catherine.

samedi 8 décembre 2007

L'Européen

Ce matin, je me suis réveillée dans un hôtel aux oreillers doux et déjeuners gratuits avec cette éternelle promesse de cesser de boire. Heureusement ou pas, j'étais toute seule dans cette chambre au sol jonché de bouteilles de bière. Mal de coeur, les yeux collés, la bouche pâteuse, sous-vêtements toujours en place. Fiou. J'essaie de me rappeler...

C'était encore Julien et moi dans la même maudite place. Me rendre aux Foufs le lendemain de mon altercation avec le petit latino était idiot mais c'est le prix à payer pour une bonne soirée. Mon aversion face à cet endroit est toujours valable. Cette fois, je me suis promise de rester calme et de surveiller ma quantité de consommations.

Assise au bar avec un verre d'eau pour me stabiliser (j'ai oublié mes promesses après le quatrième verre), j'ai remarqué le séduisant jeune homme à mes côtés. San rien dire, il s'est levé et il a passé sa main tout le long de ma cuisse, comme si c'était tout à fait normal. Je lui ai dit bonjour, comment ça va? Et il m'a invitée dehors pour fumer une cigarette. C'était un Français.

Il ne disait rien, il essayait de m'embrasser; un genre de connard narcissique avec un égo qui fait râler. Je le trouvais ridicule, stupide et très sexy alors je lui ai donné la permission de me lécher la face jusqu'à ce que la présence des autres fumeurs me gêne. Il m'a poussée vers une sortie d'urgence qui menait à la cours extérieur.

Et lorsqu'il m'embrassait, il mit sa main sur mon cou et il serra très fort. Un garde de sécurité nous a surpris, le Français m'a embrassé une dernière fois et il est retourné chez lui et sa copine.

J'ai terminé la nuit au Holiday Inn avec deux bouteilles de Vodka, gracieuseté du band high-budget qui jouent demain soir. Paf, je me suis endormie.

Ce matin, je me suis réveillée dans un hôtel, la fête était terminé. Il était une heure et demi. On ne servait plus de déjeuner.

vendredi 7 décembre 2007

Cristine vs. les Hommes

Je ne sais pas ce qui m'a prise mais j'ai mordu si fort qu'un bout de peau m'est resté accroché entre les dents. Je ne suis pas une fille qui aime les affrontements, de toute ma vie, jamais je ne me suis battue... Mais hier soir, quelque chose a été déclanché à l'intérieur de moi, une bombe à retardement qui a finalement ... explosé. Je vous explique.

Je le répète souvent, je déteste les Foufounes Électriques, mais j'y suis un peu trop souvent. Semblerait-il que mes amis m'aiment bien lorsque j'ai des coupons à bière entre les doigts.

Il y avait eu du vin, suivi de bières, et d'un petit fendant qui avait décidé d'insulter Julien.
Je ne me souvient pas vraiment comment, mais j'ai fini par lui cracher à répétitions sur la main qu'il avait mit devant ma figure. Elle dégoulinait de salive. Finalement, petit gars n'en voulait plus, il m'a envoyé un jet sur le bord de la lèvre et je lui ai versé toute ma bière dessus. Manque d'originalité, il a fait pareil, j'ai fait demi tour, j'ai lancé mon manteau sur le plancher comme j'avais vu faire auparavent et je lui ai sauté à la figure, j'ai utilisé mes mains et mes pieds. Et mes dents. J'ai fini par tomber sur le plancher (ou on m'a tirée?), la sécurité m'a foutue à la porte.

J'me suis réfugiée à la Belle Province où j'ai pris des bouchées de poutine de plusieurs clients. Rien ne pouvait m'arrêter. Sauf Julien qui m'a dit de revenir chercher mon sac.

À l'extérieur du nightclub, j'me suis retrouvée devant quelques mecs qui voulaient coucher avec moi, tout les quatres. Ils croyaient pouvoir tirer avantage de mon état, mais j'étais plutôt ivre de pouvoir. J'ai fini par en tirer un dans la neige mouillée de la rue Ste-Catherine, près des roues d'une auto stationnée. Je crois qu'il a essayé de m'aider à me remonter alors je lui ai donné un coup de poing sur le nez. C'est très flou.

Heureusement qu'il y a des gens plus caves que moi dans la vie, un autre a brisé une fenêtre devant les bouncers. Ils sont tous partis à courir et les 8 sont revenus. Petit gars avait la lèvre en sang.

Je ne me rappelle même pas de ce que le latino a dit à Julien.

jeudi 22 novembre 2007

La réplique ouverte

Cher Yann,

Je l'avoue, ce n'était pas entièrement de sa faute. Si je cultive une frustration obsessionnelle contre monsieur Jay, aussi connu sous le nom du junkie, c'est que j'essaie de transférer le poids de mes épaules aux siennes, que j'essaie de ne pas me sentir aussi coupable de ma naïveté précédente.

Et oui, j'ai été idiote de faire confiance à un héroïnomane avec cet argent prêté, je te l'accorde. Mais par contre, le reste de ton petit message, c'est de la pure merde. Et je ne parle pas seulement de cette grammaire insupportable.

''j'en vois plein d'monde sa rue y font a peu pres 100-200piaces par jour, pourquoi y sont dans rue ? pcq y s'le mette toute dans l'nez, dans les veines, ou ailleurs...''

La drogue n'est pas automatiquement la cause de l'itinérance, tout comme elle n'est pas toujours la conséquence. Je ne nie pas qu'elle est problématique, par contre. 100$-200$ par jours, du calme! Ce n'est que ceux qui vendent de la drogue qui peuvent faire ce genre de profit. En plein festival de Jazz, 40$, peut-être, mais en saison morte, j'aimerais bien savoir à quelle coin de rue on doit s'assoir pour faire ce genre d'argent parce que je n'ai jamais vu ça.

''... ce monde la ont pas besoin de pitié, parce qu'il sont parfaitement confortable avec leur existance minable, tant et aussi longtemps qu'il a un moyen d'en echapper avec de la drogue, ça passe avant tout, amis, amours, famille, parole...''

La pitié, c'est pour ceux qui se sentent supérieur. Ce qu'ils ont besoin, c'est un peu de compréhension.

Rares sont ceux qui sont confortables avec cette ''existence minable'' dont tu parles. La majorité d'entre eux souffrent de problèmes mentaux (40% de la population Sans Domicile Fixe) ou traumatismes, des facteurs qui sont hors de leur contrôle. La très grande majorité de ceux auxquels j'ai pu me rapprocher ont vécu une forme d'abus dans leur enfance et ces cicatrices ne sont pas réparables.

Peu importe la raison qui les ont poussés à leur première gorgée, leur premier joint, leur première ligne, première aiguille, ils s'y sont accrochés. Certains l'ont fait pour alléger des souffrances, certains pour s'amuser. Ils ont aimé la sensation. Ne soyons pas hypocrites, qui sommes nous pour les blâmer de consommer? Notre usage récréatif est-il réellement moins condamnable?

La dépendance est une maladie. Je ne parle pas d'habitude.

Je me souviendrai toujours de ce qu'une ancienne connaissance m'a dit, couchée sur le ciment, le chandail couvert de traces de vomit; '' The only thing worse than what I'm feeling right now is knowing that it's going to be much worse tomorrow. '' Et lui, crois-tu qu'il est confortable dans son existence misérable?

"j'cotoie ses gens la a tous les jours, "t'as pas 65cents boss?".. quoi ? ah oui bien sur lui y'é différent, comme le gars ki venait au mont-royal tous les dimanche que j'ai vu lautre fois s'piquer pis qui m'reconnais meme plus.. ''

Pardon? Tu ne côtoie pas ces gens, tu ne fais que passer à côté en sortant du métro.

Et puis, évidemment qu'il ne te reconnait plus. Avais-tu un importance dans sa vie? La fille du dépanneur ne se rappelle jamais de moi, tu crois qu'elle est comme toutes les autres? Bien sûr que non, parce qu'elle fait son travail, elle me demande si ça va être tout, je lui réponds poliment, je lui souhaite une bonne journée. Le 65 cents que tu lui as laissé? T'es pas le seul à l'avoir fait.

''Ouais yétais bin différent jusquace que jle vois tout les jours au metro berri maintenant jle trouve tres semblable a tous les autres..''

On t'as déjà expliqué comment les êtres humains sont comme des flocons de neige? Il faut être vraiment simple d'esprit pour croire que les sans-abris sont tous pareils.

Bref, je pourrais continuer, mais ça serait une entrée trop longue et mon blog serait moins beau. Si t'as une riposte, tu peux la laisser ici, je serais enchantée de me débattre avec toi sur ce sujet qui me passionne. J'en ai beaucoup plus à dire.

Bisous,

Cristine Lachapelle