Si l'idée de passer un bon bout de nuit serrée dans les bras du plus charmant,
à se geler chaque bout de doigt parce que le mois d'octobre tire à sa fin et qu'on est
couchés dans un parc quelque part
sur le bord de l’Atlantique quelque part
dans le Maine
se partageant un merdique sac de couchage,
nous couvrant que de la pluie, vous savez,
seulement,
si l'idée pince votre cœur, serre votre gorge... vous savez.
C'est le pitbull en petite boule
collé sur votre cœur
l'autre derrière qui se parle même quand il dort,
qui lâche des bouts d'conversation dans vos cheveux
quand vous n'avez envie que de vous retourner l'embrasser encore,
et jusqu'à ce qu'il fasse trop froid.
Le voilà qui raconte autre chose à mes cheveux sales. Est-ce qu'il parle aux voix qui le hante sans cesse? Et si il rêve, y voit-t-il une différence? J'préfère croire qu'ils se taisent, les démons qui l'insulte la nuit venue, qu'il disparaissent, masquées, les voix deviennent des mirages (des cauchemars?) enviés de ceux qui n'en voient plus (peut-être pas), Démons qui nous ont jusqu'ici laissés tranquilles (c'est vrai, quoi, une dizaine d'heures) mais qui ne l'ont toujours pas épargné (c'est vrai, merde, ils sont toujours là). Ses bras lacérés (le visage tattoué), sa conviction que la fin approche (le bonheur impossible), la torture quotidienne, quoi, et si mon amour de grosse conne pouvait agir comme un baume sur son enfer, encore et encore, je risque de m'y frotter...
...
John Wayne pose sa tête sur mes cuisses, il sait que j'ai froid, il sait que j'dors pas, puis y'a l'autre, derrière, ses respirations sont lentes et profondes; insomniaque, qu'il disait. Il s'est endormi tellement vite, mes doigts dans les noeuds qui lui servent de cheveux, crisse, je veux me retourner, l'embrasser toute la nuit (un coup de coude subtil et il est réveillé, il me serrerait plus fort, à moitié dans un rêve) mais il est si joli quand il est inconscient.
Mon corps tremble je serre des dents elles claquent trop ça frôle l'excessif, si elles claquent trop il risque de de se réveiller de me laisser toute la couverture il risque de se geler les doigts parce que j'suis incapable de serrer les dents les canards dans l'étang se moquent de moi, han han han je n'exaggère pas.
Le phare plonge sur nous, m'aveugle, et je me met à rire aussi. (WAKE UP) pas besoin d'sortir le mégaphone, je sais, je sais, c'est la police. Wake up, babe, we gotta move. La couverture humide autour de mes épaules, on maudit les cochons pour leur manque de tact - même face au romantique, les 40 oz de bière se cognent entre-eux dans mon sac, il est seulement deux heures du matin.
Honnêtement, ça fait trop longtemps que tu n'as pas publié, je suis certaine qu'il a de beaux petis mots qui souhaite s'échapper de ton corps.
RépondreSupprimerCe texte est magnifique. Poète du 21ième siècle tu es, yoda je suis.