Moins hot que Kerouac

mardi 26 août 2008

Périple dans l'Ohio: Ses Tatouages Secrets

On tords nos vêtements sur le balcon et ma partenaire d'autostop, Heather nous fait a souper. De la bouffe d'anarcho-punk-revolto-vegan. J'admire leurs habitudes nutritives, mais je ne me ressert pas une deuxième assiette de ce truc étrange et piquant. C'est brun, effrayant. Les légumes verts sont suffisants.

On décide de m'infiltrer dans un bar, une genre de salle de billard. Typiquement de l'Ohio, selon mes stéréotypes. En chemin, on rencontre des gens qui se sont fait attaquer une heure plus tôt dans cette ruelle qu'on emprunte. Oh là.

Arrivés sans problème, je bois, je bois, je bois tout ce qu'on m'offre. Je n'ose pas jouer, je déteste le billard, je déteste être incapable de jouer, je déteste me pencher et ressortir mes fesses quand mes pantelons menacent constamment d'exposer ma raie au Nouveau Monde. Et puis c'est plate, le billard.

J'y oublie mon hoodie. Je m'en rends compte de retour à la maison. Le mignon colocataire offre de m'accompagner. Pour que je ne me fasse pas attaquer, j'imagine.

Ce matin-la, on s'était rendus au restaurant pour déjeuner. Il marchait a mes côtés. Silence total. Embarrassant. Je me suis dit, merde. Je n'ai rien en commun avec ce mec. Du tout.

Mais cette fois, pas le choix de discuter. On a bien plus de points en commun que je ne le croyais. Je lui avoue mon imbécilité politique. Il est rassurant. Charmant. Carrément craquant.

On rejoint le reste du peuple sur le balcon. Je dégrise a l'aide d'une Pabst, je m'occupe d'elle pendant une bonne heure. Les autres s'éclipsent, un à un. Il est bientôt 5 heures du matin.

Les premiers rayons viennent nous chatouiller. L'air est encore humide. On se rapproche, nos cuisses se rejoignent. Je sens ses doigts effleurer mon poignet, se placer entre les miens. On observe le soleil se lever, ma tête sur son épaule. On parle de Bruce Springsteen, parce que Dancing in the Dark, c'est une des meilleures chansons que j'ai entendue de ma vie. Il entre dans la maison, quelques minutes, en sort avec un t-shirt qu'il a créé, à son effigie. J'en veut un, j'en veut un! je lui dit, alors on va fouiller dans le tas de chandails au sous-sol. Puis on s'embrasse, accotés sur la laveuse.

J'ai le choix, dormir sur le divan ou son lit; le divan ne vaut pas de la merde mais ce n'est pas ça qui m'a convaincue.

J'ai vu ses tatouages secrets. Il mordillait mes lobes d'oreille.

Le lendemain matin, on s'embrasse dans la cuisine. En cachette. Je n'ai pas dormi de la nuit. Il me fait à déjeuner. Des crêpes. Vers midi, on doit se quitter. Poursuivre notre chemin. Je n'ai pas tout a fait envie. Je ne le reverrai plus jamais. L'homme parfait. Mon cœur en miettes.

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