Je l'ai rencontré un an plus tôt au même endroit. On avait gardé contact au téléphone alors qu'il traversait les États-Unis en tournée avec son groupe. Une amitié à distance que j'entretenais allégrement. Hier, il était de retour à Montréal pour une prestation.
J'avais mis mes jolis talons hauts. Il m'avait acheté de la crème glacée sur Prince-Arthur. On l'a mangée dans le Square, une bouchée entre deux blagues grossières. Ça ne pouvait pas être plus beau, mais j'avais tort.
De retour à la salle de spectacle, le dernier groupe avait fini de jouer. Je ne pouvais respirer, le taux d'humidité adolescente de la place étant relativement mortelle. Discrètement sortis par la porte arrière, défendue, il a proposé de monter sur le toit. J'avais mis mes jolis talons hauts. Aucun besoin de me convaincre plus longtemps; j'étais déjà entrain de grimper les barreaux de métal, un appui discutable sous mes souliers fragiles. Je n'aurais jamais osé me hisser sur le toit d'un bâtiment auparavant.
Si près du rebord, on pouvait voir St-Laurent, on pouvait voir Mont-Royal, et les lumières des voisins. Sous nos corps étendus, le boulevard bourdonnait. La garnotte collée dans sur le dos, j'aurais misé n'importe quoi que les étoiles vibraient en réponse mais ce n'était que la fatigue. Les sirènes criardes, les fêtards bourrés, les odieuses automobiles vides, le vrombissement du club échangiste connexe... ha! Rien ne pouvait troubler la paix, le calme dans lequel je coulais.
Vous pouvez bien imaginer le reste. C'était la soirée la plus romantique de ma vie. Dommage que le principal concerné soit incapable de tomber en amour... je descenderais volontiers au Kentucky.
Tant pis.
il y a 1 heure
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire