lundi 20 août 2007

Le chat de goutières

Update rapide et pas esthetique du tout:
Je vais bien.

mardi 7 août 2007

Un crayon dans la tête

J'veux faire de cette histoire une adaptation cinématographie.

lundi 6 août 2007

Vodkalifonia


J'ai fait la fête avec Evelyne, j'suis allé voir un spectacle avec elle. Le portier m'a dessiné des X sur les mains. J'suis allée aux toilettes. Je me suis lavé les mains. J'étais très saoule à la fin de la soirée.

C'était aussi son anniversaire et on l'a célébré chez elle. Tellement de préparatifs! Une fontaine à chocolat, une piscine gonflable, une pinata en forme de singe, beaucoup de fruitslégumespoutineaufromageimporté et des cheetos qui tachent, et du punch. J'avais déjà le bras complet dans le punch à 7 heures du soir et on n'a fait que rajouter de la vodka. Moins de jus, moins de jus, plus de vodka.

Toutes les filles étaient françaises ou québécoises.

Il y avait du chocolat partout, personne mangeait d'oranges, le fromage à poutine a traîné sur le comptoir alors il est rendu dur (mais on en mange pareil), les gens tombaient en jouant à twister, il y avait des bouteilles de bière partout, le siège des toilettes a été arraché, j'ai vu des seins, personne n'essayait de me séduire, Marion n'a pas atteint la pinata, quelqu'un a cassé un balais-bâton, Marion est tombée dans la piscine, j'ai volé tout les condoms dans la pinata, je ne me suis pas endormie, j'ai adoré toute la soirée.

Quand tout le monde est parti et qu'on n'étaient que quatres, on a fait un tour au cimétière où j'ai halluciné des gens (qui étaient des drapeaux) et des vortex interdimentionels (qui étaient le bruit des arroseurs). On a du courir pour ne pas se faire attaquer par les faux-vortex qui sortaient du sol par dizaines.

On a fini par jouer dans un parc à quatre heure du matin, un rouleau-compresseur était rendu dans le salon. L'après-midi qui suivit, un picnic sur la plage, le copain d'Evie a trouvé un jellyfish, j'ai vu un seal, et un pêcheur a attrapé un sting ray géant.

dimanche 5 août 2007

San Francisco


Je pourrais reconnaître cette face n'importe où, peut-être c'est les cheveux. Evelyne était déjà à la gare avec Andréanne quand j'suis arrivée à San Francisco. Je suis finalement arrivée, finalement arrivée, finalement arrivée.

Il y a beaucoup de vent à l'extérieur, une brise qui vient durcir les mamelons de tout le monde, on m'avait prévenue qu'il faisait assez frisquet mais je ne m'attendais pas à ça. On prends un autobus, on en prends un autre. J'sais pas si il y en avait un troisième mais ça semblait une éternité. Les bus électriques freinent bien trop sec, une vieilles dame fait un tour sur mon genou. J'suis gênée, elle était assise sur moi pour plus de 10 secondes.

On arrive au Presidio, je vais dormir à 4 minutes du Golden Gate. On décide déjà de sortir, il y a un spectacle de Maximo Park. J'oublie mes cartes, on ne veut pas me croire que j'ai 18 ans, l'âge de rentrer mais pas de boire.

J'adore les États-Unis, à 18 ans on peut fumer et gratter des gratteux mais on ne peut pas boire. On peut aller à la guerre et tuer des gens mais on ne peut surtout pas boire.

Je décide d'aller me promener seule, je me dirige inconsciemment vers les crottés. J'ai accidentellement donné un 20$ à un chanceux; j'préfère de loin notre argent monopoly. Le Sud Africain de Chicago m'a dit que les billets américains étaient étranges parce qu'ils étaient tous de la même largeur. C'est complètement fou! Ils ressemblent à quoi, leurs portefeuilles, de l'art moderne? Je déteste cet argent.

Je ne me souviens plus ce que j'ai fait ma deuxième journée. Peut-être j'ai visité la ville. Je sais qu'elle est belle, tellement belle, les maisons sont des mini-cubes multicolores pastels. Bleurosepêchevertmauvepâlepâlepâle.

Vendredi, j'suis allée à la plage, Ocean beach. C'était inspirant, mais il y avait des mouettes mortes sur la rive, j'avais peur de mettre les pieds dans une. Je croyais que les vagues allaient m'emporter au loin et elles ne touchaient que mes pieds. Elles aspiraient le sable sous mes pieds et je glissais toujours un peu plus.

Le vent était puissant, je ne voulais pas m'envoler, je me suis enfouie sous le sable.

En revenant, des monsieurs sifflaient vers moi, peut-être voyaient-ils le sable dans mes culottes. À Montréal, on ne siffle pas, on klaxonne et on détale.

J'ai rejoint un ami à moi qui vient du nord de la Cali et on a passé les prochains jours ensemble. Il m'a montré une autre plage avec des plus énormes vagues et des plus énormes roches, des superbes cavernes pour se cacher du vent et des mouettes mortes partout. C'était sublime et mon coeur battait très fortfortfort.

Maintenant je sais ce que je veux comme garçon. J'aimerais bien l'original mais il habite beaucoup trop loin...

Ce soir là, il est allé crasher chez son ami qui habite loin. J'avais envie d'être avec lui mais je n'ai rien dit. Peut-être qu'il s'est tut aussi. Le lendemain matin, 4 messages sur mon téléphone cellulaire, je m'en viens, je suis tout près, réveille j'suis là, et Julien qui me dit Salut California Girl. On est allé faire le plus beau picnic au monde au parc le plus élevé avec une vue sur toute la ville. On a mangé du melon d'eau mais il était trop gros et c'était compliqué. Pourquoi j'ai utilisé mais? C'était superbe.

Il est parti dans un autre État américain mais il vient me chercher bientôt et je m'en vais avec lui dans le nord.

Je m'ennuie un peu.

Hummmmming bird.



J'aime San Francisco.

Junkie Jay: Dirty Bastard (pt.3)

Chapitre 3: Dirty Bastard

Aucunes nouvelles depuis 2 semaines. Il a été arrêté, il est tombé malade, il s'est perdu, il fait dodo, il est mort; toutes les histoires les plus tragico-romatiques faisaient la file dans mon petit esprit naïf. On m'avait avertie, je ne voulais rien entendre. Alors que je marchais dans son coin avec l'espoir de le revoir et qu'on se réconcilie et qu'on l'on vive happily ever after avec un chien et une maison, j'ai rencontré son supposé meilleur ami. Ses premiers mots, des excuses.

Il me demande comment j'ai pu être aussi naïve, que je suis plus intelligente que ça, que je suis tellement spéciale, que je suis si belle, que je mérite bien plus, que je suis absolutelty amazing. Il me dit qu'il est sûrement en train de m'éviter. Il ne cesse de s'excuser. Avant de partir, il m'embrasse, il m'embrasse! Je ne comprends plus rien. Je n'y crois plus, c'est de l'arnaque lorsqu'on m'embrasse.

Je ne veux plus le voir. Non non non, j'ai besoin de le revoir. Je m'ennuie. Il me manque. Je vais le pardonner. Je m'ennuie. J'ai peur. Évidemment, je l'ai retrouvé, plusieurs jours plus tard. Assis par terre sur la rue Sherbrooke, avec un petit chien. Je ne savais pas comment réagir, il voulait me parler.

- Where were you?!

Où étais-je? Et lui, où-est ce qu'il s'était caché? Paraît qu'on ne s'est justement pas croisé et qu'il avait mon argent, il avait mon argent mais comme je ne me suis pas pointé pour une semaine, il a décidé de le dépenser, qu'il n'a pas pu se contrôler. Il me le jure, il me le jure, il me le jure. C'était de ma faute, alors. Je suis heureuse, je l'ai retrouvé, il n'est pas mort et il n'est pas parti. Je lui répete ce que son ami m'a dit, il est extrêmement offusqué, mais non, ne te fâche pas, c'est mes copains qui m'ont dit ça, ils ne te comprennent pas....

(C'est de ma faute, chéri, ne t'en va pas)

Je dois attendre encore deux semaines pour mon argent. Il me le promet. Il me laisse même ses objets favoris, I never leave the city without these. Trust me, trust me, trust me, do you trust me? Son meilleur ami s'excuse, il dit qu'il avait tort et que Jay m'aime bien, qu'il ne me ferait pas ça. Je gobe tout.

Il a un petit chien, le plus beau et le plus gentil, c'est mon ami quand on passe des heures dehors pour faire de l'argent. J'adore son petit chien, petit bébé. J'avance de l'argent pour le vétérinaire, pour ses piqures, ça coûte cher, mais qui voudrait qu'un bébé chien meure? Pas moi. Pas lui.

- I'll give everything back, trust me trust me trust me, please trust me.

Je l'amène dans un bar, je lui paye un pichet de bière, raconte moi quelque chose que je ne sais pas et que je devrais savoir.

- Um... I do heroin.

Il croit que je ne sais rien. Il me prends pour une épaisse. Ça me dérange un peu, il sait que ça me dérange. Il commence à paranoyer. Il raconte que la police est après lui. Un agent discute sur St-Laurent, on s'enfuit par la porte arrière, on court longtemps.

Je ne le retrouve plus. Il est revenu. Je le perds. Il part pour des heures. C'est dur. J'ai peur qu'il soit déjà rendu à Vancouver. Il réapparaît.

Il reçoit son chèque demain. À ma sortie du métro, je le vois, il entre au H2O. On s'embrasse, je vais avoir mon argent, il me dit qu'il est gelé dans le compte à son ami, 4 jours de plus à attendre. Il me dit d'aller dire bonjour à mon amie en haut. Il insiste, je le fais. On redescend en bas, il a un nouveau chapeau, son ami lui a avancé.

Ils doivent aller se mettre des aiguilles dans les bras, je dois regarder encore. J'ai vu ça maintenant 4 fois, je n'aime pas plus ça. Ils ont fini, ils s'excusent, on va au carré St-Louis, on parle. Ce n'est pas comme d'habitude. Il m'embrasse, il dit qu'il va revenir plus tard.

Il commence à pleuvoir, moi et mon amie discutons à l'abri. Je lui explique l'histoire avec l'argent, je commence par lui dire qu'il me doit un peu plus de 20$. Elle me dit qu'il a tout dans ses poches. Elle est frustrée, je capote. Ensuite je corrige, 50$, il me doit 50$. Elle s'enrage. Le chiffre monte. Elle s'énerve graduellement. À la fin de la soirée, 350$, j'avoue tout.

Je pleure, je pleure, je pleure.

Je ne l'ai plus jamais revu.

Il est à Vancouver.

vendredi 3 août 2007

Junkie Jay: Asshole (pt.2)

Chapitre 2: Asshole

Le lendemain matin, j'étais déjà en train de le chercher et ça n'a pas pris trop longtemps. Encore le même coin de rue, windshield washer.

Quand je lui parle, il arrive qu'il ferme les yeux. Soit il me dit qu'il pense, soit il me dit qu'il repose ses yeux. Je gobe tout.

Il m'emprunte mon téléphone, c'est pour de la drogue. Je le suit, je reste avec lui, j'n'ai pas envie d'attendre comme la dernière fois. On marche, on parle, c'est tout à fait naturel. Je suis bien auprès de lui, je m'en suis convaincue.

Il me raconte qu'il va se faire tattooer la face. La face! Sa belle petite face. Des grosses marques sur les joues. Quel con.

On arrive à destination. J'ai réalisé enfin qu'il s'en va acheter de l'héroïne. Avec l'argent que je lui avancé. Mon chéri reçoit un chèque de 1000$ par mois parce qu'il est malade alors je lui ai avancé. En fait, je lui avais déjà avancé de l'argent. Il ne restait qu'une semaine. Un petit 20 ici et là, mais ça remontait déjà à 100 quelques dollars. Il me dit qu'il se sent mal de m'emprunter autant et qu'il me promet de tout remettre. Je gobe tout.

C'est une fille qui lui vends sa cochonnerie, une maigrelette qui a l'air jolie de loin. Il va se cacher derrière un mur de béton, je préfère rester loin. Je déteste les aiguilles, je déteste l'héroïne, je déteste savoir qu'il fait ça.

- FUCK!!!

J'arrête de respirer, quelque chose vient se passer. J'ai peur j'ai peur j'ai peur. Il sort de derrière son mur de béton avec son aiguille sanglante dans la main. Elle vient de bloquer et on doit aller à la pharmacie en chercher. J'ai acheté un kit d'aiguille au Pharmaprix, la dame au comptoir me dévisage. Petite fille toute propre avec un gros méchant loup. Le kit coûte un dollar, je paye avec débit. On sort de la pharmacie, il s'assieds sur le côté de l'édifice. Je reste avec lui, je reste avec lui, j'ai pas envie que quelque chose d'autre se passe. Je le vois préparer son amour, il injecte du liquide jaune dans son aiguille. Ses yeux englobent sa figure. Il l'insère dans son bras, j'ai le coeur qui explose. J'ai peur j'ai peur j'ai peur, je ne sait pas comment réagit une personne sur l'héroïne. Il s'excuse, il m'embrasse, il range son aiguille, il ne laisse rien traîner.

Il ne réagit pas, ce n'est pas comme dans les films. Mais quelques minutes plus tard, ses pas sont plus lourds. Je l'aide à marcher. Il essaie d'allumer sa cigarette, le plus long 5 minutes de ma vie. Il ne veut pas que je l'aide, c'est son problème. Tout le monde nous regarde. Il essaie d'allumer sa cigarette, ses genous sont sur le bord de céder. J'ai peur j'ai peur j'ai peur, je m'inquiète pour lui.

On arrive au coin de notre rue, il s'assieds avec moi et me parle un peu. Il me parle mais il n'est pas là, il est parti. Je me rappelle de la fois ou il m'a dit qu'il ne faisait pas d'héroïne. Il m'avait menti. Mais je veux rester avec lui. Je suis bien avec lui.

On se revoit plusieurs fois ensuite. Il ne fait plus d'héroïne à côté de moi. Et puis un jour, il disparaît. C'est le premier du mois. Je le cherche à tout les jours.

Je demande aux gens ou il est. Je suis enragée, j'ai peur, je ne sais pas ou il est. J'ai peur de m'être fait duper.

Ça sent Hochelaga

Frédéric Rappaz est mon idole.

Le monde a besoin de plus de paranthèses

À lire absolument.

L'Amerique (pt.3)

J'en suis à mon dernier autobus avant la Californie. Entre Salt Lake City et San Francisco, on dort et on mange des bonbons et on parle et on parle et on parle. Mon amie sent mauvais mais c'est bonne affaire; personne ne vient s'assoir à côté de nous. Il faut dire que je ne sens pas la rose non plus, presque quatre jours enfermé dans un autobus, ça laisse des traces.

Il y a un garçon qui veut que je lui fasse une fellation dans les toilettes mais je dis non, je dis non, je dis non non non, jamais je ne lui ferai une fellation, encore moins dans les toilettes dégeulasses d'un Greyhound ou je risque de m'assomer sur la porte en métal.

Je dis que je viens du Québec, non monsieur, c'est au Canada, non il ne neige pas en ce moment, c'est l'été, monsieur. On chasse le castor, on ne regarde pas de films américain et tout le monde, y compris la police, se déplace à cheval et à la bicyclette. Carte de crédit? Qu'est ce que c'est? Le Canada, c'est un pays communiste, vous ne saviez pas?

Non, ils ne savaient pas.

Je n'ai jamais vu un paysage aussi magnifique et aussi schizophrène. D'un côté, des immenses montagnes vertes et grises, de l'autre, de petits arbres brulés, des buttes de sable et des routes collées sur le bord de la falaise. Des beaux lacs bleubleubleus, des miniatures cubes de maisons multicolores-pastels.

On arrive à Sacramento, une ville de magasins; moi et mon amie qui pue allons nous promener pour 45 minutes. Je dis que je viens du Québec, on me demande si je parle français. Je dis Oui, oui, I speak french. Ils me répondent en français.

On retourne dans l'autobus, on est presqu'arrivé. On est presqu'arrivé.

Junkie Jay: Motherfucker

Histoire conne que je supplie de raconter à tout les autres, j'en suis toujours pas revenue. Pourquoi me retiendrais-je maintenant? Je me suis tue par respect, j'ai démoli tout ce que j'avais écris sur monsieur par respect, des oeuvres littéraires les amis, et voilà, il me crache à la figure. Symboliquement, sinon je lui aurai arraché les yeux.

Vous l'avez demandé, ça me gruge encore l'intérieur, alors la voici; l'ancien hit pop, l'histoire intégrale de Junkie Jay, version Hollywood.



Chapitre 1: Motherfucker

Cristine? You're very beautiful, nice to meet you, I'm Jay. I'll see you around?

Quelle belle façon d'accrocher une fille à son hameçon rouillé. J'ai toujours eu un faible pour les marginaux, les artistes et les crottés, mais lui, il s'était endormi l'autre bord de la limite, l'aiguille plantée dans le bras.

Quelques jour après notre rencontre, je le retrouve sur St-Laurent, en train de laver des vitres d'autos propres. Je viens de me faire poser un lapin par un garçon qui m'a fait voyager jusqu'à la gare Bonaventure pour le voir. Je suis fâchée, mais tant pis, je m'y attendais. On discute, on discute. J'ai nul part où coucher et voilà qu'il m'offre de venir dormir avec lui chez la blonde de son ami. Il ne se sentait pas particulièrement bien et il avait besoin de soutient moral. Je n'ai pas bien d'autres choix et j'ai plutôt envie de rester avec lui et de le connaître; il lave son quota de windshields et on s'y rends.

- I won't try to have sex with you, promise.

Il est tellement beau. Crasseux, peut-être, mais j'ai malheureusement toujours cru que je réussirais à les laver. On dort sur le divan, on s'embrasse, collés. Je n'ai jamais eu de misère à embrasser les crottés.

L'appartement de la fille est très joli, elle embrasse les dans la rue elle aussi, on dirait.

Quand il dort, il a des spasmes, ses muscles dans les bras et les jambes se contractent. Nerve damage, selon lui.

Le lendemain matin, il s'en va au dépanneur. Il emprunte de l'argent à la copine de son ami, il m'assure qu'il va lui remettre. C'est de l'argent américain. Elle ne le sait pas. Il revient avec du jus de pêches pour moi, une grosse bière pour lui. On regarde Indiana Jones; on parle à la télévision, on lui dit de ne pas aller là, ne pas aller là.

Il est allé là.

- Morning, honey.

Il dit qu'il doit aller chercher de la drogue, je m'en fout. Lui et son ami parlent en codes, en jargon de rue que je ne comprends toujours pas. Je sais effectivement qu'il ne vont pas s'acheter de la marijuana. Il s'en va, il ne revient pas tout de suite. Ça prends longtemps. J'vais faire un tour au Presse Café. Son ami est content, je lui en ai acheté un muffin aux bleuets. Brisures de chocolat pour Jay. J'écoute les téléannonces, achète-moi un Magic Bullet.

- Luuuucy, I'm hooome!

Enfin, après 2 heures. 4 ou 5 de nos bisous plus tard, ils partent dans la cuisine. Ils consomment leur drogue loin de moi, ils sont au courant que je suis pas comme eux. Je ne sais pas c'est quoi, leur drogue.

Jay revient sur le divan. Il a l'air fatigué, il s'endort un peu. Son ami fait plein de ménage, c'était de la cocaïne. Je me demande pourquoi Jay ne réagis pas comme lui. Je ne sais pas, je ne sais pas. Il mange son muffin, brisures de chocolat c'est sa sorte préférée.

Ses bras sont pleins de cicatrices, pleins de vieilles cicatrices, des grosses lamelles de peaux semblent avoir été coupées avec un épluche-patates. Des vieux trous aussi, on dirait un ancien héroïnomane. Pauvre garçon, il est trop intelligent pour cette connerie. Il s'endort sur moi, je lui flatte les cheveux. Je ne sais vraiment pas c'est quoi, leur drogue.

Il pleut dehors mais ils doivent travailler, laver des windshields pour des vingt-cinq sous et des dollars. Je vais acheter de la nourriture, des cheeseburgers et des hotdogs. Je m'en fout, j'ai plein d'argent et c'est fait pour dépenser, de l'argent.

- Is it possible that you might want to be my girlfriend one day?

We'll see, je réponds, mais à l'intérieur, c'est oui oui oui oui oui oui oui oui oui.

Stay sharp, keep focused, make good decisions


I love you, Rick Moranis.

L'Amerique (pt.2)

Je retrouve la couverte en léopard après une courte journée d'autobus-mystère. J'suis entrée dans n'importe quel bus et je me suis rendue n'importe où. Ça a mené à rien du tout.

Avant d'entrer dans la maison, je me suis écorché le genou sur le trottoir et ça saigne et ça fait mal.

Il y a maintenant plus d'une semaine de ça, je devais me rendre à Denver à partir de Chicago, un des 5 transferts pour la Californie. Je commence à m'énerver, Greyhound est désorganisé comme c'est pas possible. J'ai du perdre au moins 20 heures à attendre.

Rendue dans l'autobus, je me dirige vers un siège libre et une fille m'interpelle, me disant que je n'avais pas l'air d'une psychopathe et que je devais m'asseoir à côté. Elle est devenue mon amie de voyage. Elle était plutôt intéressante.

Évidemment, comme je parle toujours très fort, les gens autour de moi réagissent souvent à ce que je raconte. Ça laisse place à des drôles de conversations. J'ai convaincu un gars qu'au Canada, on n'écoutait jamais de films américains et il neige 7 mois sur 12. Un peu plus et je lui racontait qu'on avait 87 secondes dans une minute.

Après Denver, c'est long. C'est long. Mais je dors beaucoup. J'ai fini mes livres, mon lecteur mp3 est mort depuis New York et je n'ai plus de feuilles libres pour écrire.

Il y a une grosse dame qui nourris ses enfants au junk food. Un géant sac avec des millions de sac de chips à l'intérieur. Du kool-aid pour le bébé. Ensuite elle se demande pourquoi bébé vient de vomir dans l'allée. Ça sent très mauvais et il reste encore 10 heures d'autobus.

On arrive au Kansas, il y a les 10 commandements sur les panneaux de publicité. Il y a une église qui s'appelle Tabernacle. Il y a un hillbilly qui essaie de me convaincre que le Crystal Meth, c'est la drogue la plus cool qui existe. Il souris et il ris fort, il n'a plus de dents. Son oreille est couverte de sang séché. Il a un tattoo, 100% Peckerwood.

Je me lie d'amitié avec tout pleins de gens, ils sont comiques. Il y a une petite fille à côté de moi, elle parle espagnol, elle me fait capoter. Trois ans. Une vraie petite bombe d'énergie, elle me sors des millions de mots que je ne connais pas. On se fait des high-fives et on ris fort. La chauffeuse fait un message dans le micro, les personnes qui ont en haut de 5 ans doivent se calmer. Je suis gênée et je me calme.

Il y a des enfants derrière nous avec leur grandmère. Le petit garçon est un ignorant et il m'a dit que les hommes étaient supérieurs aux femmes. Je l'ai fait badtripper en faisant l'éloge de ma moustache. Il m'a dit que c'était pour les hommes, les moustaches.
J'aurais du lui répondre que les seins sont seulement pour les femmes.

L'autobus arrête. La dame nous annonce qu'elle ne peut plus continuer, que ses heures de travail se sont écroulés. Ils ont un certain maximum d'heures par semaine. Je ne suis pas fâchée contre elle; si elle ne se serait pas portée volontaire, on aurait attendu bien plus longtemps. Si elle continue, elle se fait suspendre de son travail. Les autres gens sont arrogants. On est au Mc Donald, tout près de Salt Lake City. J'ai faim.

- I would like A cheeseburger and two chicken burgers please.
J'ai pris la commande de deux autres personnes.
- 11,45$
Je me dis que c'est cher parce qu'on est à l'autre bout du monde et que le McDo profite du désespoir des gens qui ont faim. On me donne deux sacs remplis de hamburgers. Je ne comprends pas mais je ne dis rien.

J'ai huit cheeseburgers. A cheeseburger, pas EIGHT cheeseburgers! Ça m'apprendera à vouloir bien prononcer mes mots en présence de gens qui ne parlent pas mieux anglais que moi. Les autres passagers qui avaient faim étaient bien content d'avoir un cheeseburger gratuit.

Ou deux. Moi j'en ai mangé deux. Bon, d'accord... deux et demi. La chauffeuse en a pris un.

Finalement, on arrive à Salt Lake City. On n'était qu'à 20 minutes de la ville et on est arrivés 3 heures en retard. Dernier transfert. Je commence à délirer, je raconte des niaiseries, mais je m'en fout. Je suis presqu'arrivée.

jeudi 2 août 2007

L'Amerique (pt.1)

Je suis assise sur le divan de la Coquine avec une couverte en léopard, une belle doudou en faux-animal pour me réchauffer parce qu'il fait assez froid à San Francisco, plus froid que je le pensais. Certaines parties du ciel sont enveloppées par la brume mais on peut distinguer les éclaircis sur l'autre rive. Elle vit à quatre minutes du Golden Gate bridge.

J'ai quitté Montréal dimanche soir, le 22, via Greyhound avec New York comme première destination. New York sous la pluie, je suis complètement mouillée, je préfère acheter un truc de maquillage bon marché au lieu d'un parapluie à 4$. Il pleut, ce n'est pas très beau, la ville ne m'impressionne pas. Elle manque quelque chose. Je marche longtemps, je veut découvrir quelque chose, je ne vois que des parapluies et des publicités, des businessmans et des cireurs de souliers.

J'en ai rien à chier, je suis toute mouillée, je m'assied sous un séchoir à main et j'attends. Une heure avant le départ de mon Express-Chicago, je m'attache à la file de gens pauvres qui attendent le Greyhound.

Mal organisée, la monopole. 4 lignées de gens qui n'en forment qu'une, ils vont au New Jersey, au Kentucky et au Texas. Personne ne sait où se placer. Je réussis à comprendre.

Un homme me demande when are you expecting, je lui réponds que je ne suis pas enceinte, que je ne fais que manger trop de chocolat. Franchement.

On me dit que je vais devoir faire un transfert quelque part. Rendue à ce quelque part, Pittsburgh je crois, on m'annonce que je vais devoir faire un autre transfert. C'était supposée être un Express, Greyhound me réponds qu'il faut blâmer la pluie.

Quand même.

Au deuxième transfert nocturne, je rencontre un garçon dans l'autobus. Il vient de l'Afrique du Sud, il a pleins d'histoires à raconter. C'est la nuit, on parle, on s'endort lorsqu'il fait jour. Il a un bel accent, j'aime l'écouter.

On arrive à Chicago, il m'achète un cheeseburger et un Coca-Cola, on se quitte. J'attends encore pour un autre Greyhound. Il est environ midi. Je suis fatiguée, je n'ai pas envie de visiter.

J'attends encore après Greyhound.