Chapitre 3: Dirty Bastard
Aucunes nouvelles depuis 2 semaines. Il a été arrêté, il est tombé malade, il s'est perdu, il fait dodo, il est mort; toutes les histoires les plus tragico-romatiques faisaient la file dans mon petit esprit naïf. On m'avait avertie, je ne voulais rien entendre. Alors que je marchais dans son coin avec l'espoir de le revoir et qu'on se réconcilie et qu'on l'on vive
happily ever after avec un chien et une maison, j'ai rencontré son supposé meilleur ami. Ses premiers mots, des excuses.
Il me demande comment j'ai pu être aussi naïve, que je suis plus intelligente que ça, que je suis tellement spéciale, que je suis si belle, que je mérite bien plus, que je suis
absolutelty amazing. Il me dit qu'il est sûrement en train de m'éviter. Il ne cesse de s'excuser. Avant de partir, il m'embrasse, il m'embrasse! Je ne comprends plus rien. Je n'y crois plus, c'est de l'arnaque lorsqu'on m'embrasse.
Je ne veux plus le voir. Non non non, j'ai besoin de le revoir. Je m'ennuie. Il me manque. Je vais le pardonner. Je m'ennuie. J'ai peur. Évidemment, je l'ai retrouvé, plusieurs jours plus tard. Assis par terre sur la rue Sherbrooke, avec un petit chien. Je ne savais pas comment réagir, il voulait me parler.
- Where were you?!
Où étais-je? Et lui, où-est ce qu'il s'était caché? Paraît qu'on ne s'est justement pas croisé et qu'il avait mon argent, il avait mon argent mais comme je ne me suis pas pointé pour une semaine, il a décidé de le dépenser, qu'il n'a pas pu se contrôler. Il me le jure, il me le jure, il me le jure. C'était de ma faute, alors. Je suis heureuse, je l'ai retrouvé, il n'est pas mort et il n'est pas parti. Je lui répete ce que son ami m'a dit, il est extrêmement offusqué, mais non, ne te fâche pas, c'est mes copains qui m'ont dit ça, ils ne te comprennent pas....
(C'est de ma faute, chéri, ne t'en va pas)
Je dois attendre encore deux semaines pour mon argent. Il me le promet. Il me laisse même ses objets favoris,
I never leave the city without these.
Trust me, trust me, trust me, do you trust me? Son meilleur ami s'excuse, il dit qu'il avait tort et que Jay m'aime bien, qu'il ne me ferait pas ça. Je gobe tout.
Il a un petit chien, le plus beau et le plus gentil, c'est mon ami quand on passe des heures dehors pour faire de l'argent. J'adore son petit chien, petit bébé. J'avance de l'argent pour le vétérinaire, pour ses piqures, ça coûte cher, mais qui voudrait qu'un bébé chien meure? Pas moi. Pas lui.
- I'll give everything back, trust me trust me trust me, please trust me.Je l'amène dans un bar, je lui paye un pichet de bière, raconte moi quelque chose que je ne sais pas et que je devrais savoir.
- Um... I do heroin.Il croit que je ne sais rien. Il me prends pour une épaisse. Ça me dérange un peu, il sait que ça me dérange. Il commence à paranoyer. Il raconte que la police est après lui. Un agent discute sur St-Laurent, on s'enfuit par la porte arrière, on court longtemps.
Je ne le retrouve plus. Il est revenu. Je le perds. Il part pour des heures. C'est dur. J'ai peur qu'il soit déjà rendu à Vancouver. Il réapparaît.
Il reçoit son chèque demain. À ma sortie du métro, je le vois, il entre au H2O. On s'embrasse, je vais avoir mon argent, il me dit qu'il est gelé dans le compte à son ami, 4 jours de plus à attendre. Il me dit d'aller dire bonjour à mon amie en haut. Il insiste, je le fais. On redescend en bas, il a un nouveau chapeau, son ami lui a avancé.
Ils doivent aller se mettre des aiguilles dans les bras, je dois regarder encore. J'ai vu ça maintenant 4 fois, je n'aime pas plus ça. Ils ont fini, ils s'excusent, on va au carré St-Louis, on parle. Ce n'est pas comme d'habitude. Il m'embrasse, il dit qu'il va revenir plus tard.
Il commence à pleuvoir, moi et mon amie discutons à l'abri. Je lui explique l'histoire avec l'argent, je commence par lui dire qu'il me doit un peu plus de 20$. Elle me dit qu'il a tout dans ses poches. Elle est frustrée, je capote. Ensuite je corrige, 50$, il me doit 50$. Elle s'enrage. Le chiffre monte. Elle s'énerve graduellement. À la fin de la soirée, 350$, j'avoue tout.
Je pleure, je pleure, je pleure.
Je ne l'ai plus jamais revu.
Il est à Vancouver.