jeudi 22 février 2007

Britney Spears

J'ai envie d'écrire une lettre à Britney Spears. Une gentille lettre.

Quand chacun de tes mouvements sont décrits à la lettre sur la première page d'un tabloïd, y'a de quoi virer folle, prendre plein de drogue et se raser la tête. Pourquoi est-ce qu'on la ridiculiserait encore plus alors qu'elle est évidemment en train de toucher le moment le plus bas de sa vie? C'est de la pure cruauté humaine, un beau gros chèque en échange d'un scoop exclusif d'elle qui a lâché un pet en publique. La fille n'a pas eu d'adolescence normale. Elle a été obligée de jouer à la p'tite vierge cochonne pendant longtemps, sans être trop délinquante, parce que les média la pourchassait. ''L'idôle des p'tites filles''. Elle a pas eu le temps de vivre et d'expérimenter avec la vie. Maintenant, elle capote. Pis elle a eu 2 enfants avec un putain de gold digger. Maintenant, elle capote et c'est complètement normal.

Pareil comme Kate Moss qui faisait d'la poudre. Comme si les gens étaient scandalisés de savoir qu'il y avait de la drogue dans le milieu de la mode.

Pis j'trouve que ça lui fait bien sa nouvelle coupe, Britney Spears. Pour de vrai.

Jeune et blasée

On m'avait prévenue... faire tout ça si jeune... on m'avait prévenue que j'allais vite devenir blasée... On m'avait prévenue et j'ai rien voulu entendre. J'm'ennuie de la Cristine qui était complètement émerveillée par tout ce qui l'entourait...

Je lis et j'écris maintenant. J'suis supposée écrire sur la musique... pff... On sait tous que j'écris sur moi. Sur mon expérience de petite fille avec des souliers trop grands qui trébuche partout. Sur ma façon de voir la vie, entre le noir, le blanc et le rose. Mon opinion sur les autres et ce qu'ils font... Je veux faire rire les gens, je veux les distraire un peu. Les critiques se ressemblent toutes, une après l'autre. Je veux conter une histoire. Faire quelque chose de nouveau.

Nouveau. Nouveau.

jeudi 8 février 2007

Salut

Ouin, ben j'm'en vais m'acheter des frites au Double Pizza.
Bye

Rétrospective 2

Je suis née vers la fin des années 80 à Montréal, et j'y ai habité pendant la première partie de mon enfance. J'habitais très près du métro Côte-Vertu, mais j'étais trop jeune pour le savoir. Maman avait une auto et j'habitais à 3 minutes de mon école, Cardinal-Léger. Mes souvenirs me laissent croire que j'avais beaucoup d'amis. Les relations sont bien plus simple avant les poussées d'hormones.

À cet époque, je ne faisais pas partie de ceux qui étaient mis à part. Ceux qui avaient des troubles de comportements restaient ensemble, ceux qui ne parlaient pas assez bien le français se réunissaient aussi. Et les plus laids restaient seuls. Les vêtements n'étant pas très importants (j'habitais un quartier qui n'abritais pas vraiment beaucoup de gens fortunés) et ayant une physionomie correcte ( toutes mes parties du corps étaient là, au bon endroit), parlant très bien le français, j'avais donc des amis.

Je me rappelle avoir ''ouvert'' un insectarium à la Garderie de l'école, celle du soir; c'était mon projet et d'autres avaient suivi. Des bibittes en carton. Des mille-pattes, des coccinelles, des verres de terre en carton. On chargait de l'argent Monopoly. 2$ aux amis des amis, 500$ aux laids. J'avais une fascination avec les insectes. Pendant les récréations, moi et Danaé creusions des trous dans la pelouse. On sortait les vers de terres et on les kidnappait. Et on les torturait. Ce n'était pas très gentil, mais ils grouillaient encore. Alors on les coupait. Et encore. Et encore. Jusqu'à ce qu'il y aille 6 vers qui grouillaient encore. Et 12. Et 24. Et 48. Et on les laissait tranquilles parce qu'ils voulaient vivre.

Mes souvenirs de ma cour d'école sont nombreux. Elle me paraissait tellement grande, une plage de ciment entourée de pelouse jaune. Et une croix à l'arrière. Une croix blanche. Les rumeurs qu'elle alimentait étaient aussi variés que nombreux. Elle avaient souvent un lien avec un enfant mort. Celle dont je me rappelle le plus clairement, c'est la main. On racontait tous qu'un élève avait trouvé une main, quelques années auparavant. Une main pleine de sang. Sous la croix. Personne ne creusait de trous près de la croix.

Une autre rumeur voulait qu'un chèque d'un million de dollars soit resté collé sous une petite trappe dans la cour, le genre de trappe avec des grillages, pas très profondes. On voyait le papier qui luisait un peu au soleil. Je m'étais construit une canne à pêche avec un bâton et du fil et un petit bout piquant. Je n'ai pas atteint le chèque d'un million.

Il y avait des poteaux en métal, pour les ballons poires je crois, je ne sais plus. Moi et Danaé, on a collé notre langue dessus. Il faisait froid. C'était l'hiver. Notre langue collait. On trouvait ça comique. On a recommençé. Et notre langue a saigné. On a répondu à la surveillante qu'on c'était mordu la langue en sautant au même moment.

Il y avait une école juive, qui, séparée d'une haute clotûre, séparait nos cours de récréation. Il y avait des moments où nous sortions au même moment. L'immeuble m'intriguait, il était gris-blanc et tout petit, avec une architecture différente du cube brun-cuivré qu'on avait. Les gens de notre école n'aimaient pas les jeunes de l'autre côté de la clôture. Les garçons de notre côté leurs lançaient des roches. Ils prennaient ceux qu'ils reçevaient pour nous les renvoyers. Leurs fenêtres qui donnaient sur notre côté étaient cassées, par des très grosses roches. Les professeurs ne sont pas dupes. Surtout quand il s'agit d'une école primaire. Les jeunes parlent toujours. Ils racontent tout. Aucun n'est capable de garder un secret. Je me demande toujours pourquoi la direction n'a jamais fait d'atelier pour promouvoir la différence et informer les jeunes des autres cultures. C'est au primaire qu'on créé les premières fondations de nos valeurs. La direction a ignoré le problème.

Quelques années plus tard, je suis déménagée en banlieue, à Boisbriand. Les vêtements étaient très importants, et je commençait à grandir, trop grande, trop mince. Je n'avais donc pas d'amis. J'étais nouvelle. Je venais de Montréal. J'étais en troisième année. Les jeunes ont déja formé des groupes avec qui ils resteront jusqu'à la fin du primaire, ils se connaissent depuis leur petite enfance. Leurs mamans allaient au Club Price ensemble. Leurs papas allait au golf. Ma maman préfèrait aller à 7 supermarchés différents pour comparer les prix, et mon papa ne jouait pas au golf, il buvait de la bière et il regardait la télévision. Il jouait à l'ordinateur et il gagnait tout le temps. Je n'avais pas d'amis.

En fait, j'avais une amie. Elle s'appelait Katherine. Mais cette amie là ne me parlait pas à l'école. Elle avait d'autres amis bien plus intéressants. Mais on habitait proche l'une de l'autre alors on jouait ensemble. Quand il n'y avait pas quelqu'un de plus intéressant.
Elle avait des copains, elle avait déja fumé des cigarettes, elle avait déja bu de l'alcool et son frère fumait souvent du pot. Je voulais un copain, mais je ne fumais pas de cigarettes, je ne buvais pas d'alcool et ma petite soeur de 7 ans ne fumait pas de pot. Je m'étais promise de ne rien toucher jusqu'à ce que je meure. Je voulais un copain pour qu'il soit mon ami.
Pendant un cours, elle s'est levée pour dire à tout le monde que je bourrait ma brassière. Oui, il ya eu un temps ou les gens croyaient que c'était des mouchoirs. Évidemment, ils n'avaient pas une forme très distincte, mais j'étais en avance sur tout le monde. Les autres trouvaient ça drôle, des seins. Katherine, c'était ma meilleure amie. Et les gens ont ri de moi.

Une fois, alors que je sortais de l'école, un vieux de cinquième est venu me voir près des racks à bicyclette. Je ne me rappelle pas pourquoi, mais je me souviens qu'il m'a poussé par terre. Il c'est assi sur moi et il a enfoncé ses genous sur ma gorge. Je ne pouvais plus respirer. Un plus vieux de sixième est passé à côté. Je me rappelle encore son nom. Kevin Lombardi. C'était un vieux de sixième. Il était très beau. Il allait aux danses 9 à 15. Il s'habillait bien, il avait une visière blanche. Kevin Lombardi est passé à côté. Il a poussé le cinquième qui était entrain de me faire mal. Il l'a tenu par terre. Il le noyait de coups de pieds. Son soulier était sur sa gorge. Il m'a demandé si je voulais lui faire mal. J'ai dis non. J'suis tombée en amour avec Kevin Lombardi, il m'a sauvé. Évidemment, je ne lui ai plus jamais reparlé. Rendu au secondaire, Kevin Lombardi a, selon les rumeurs, décrissé le cours des choses. J'ai entendu dire qu'il s'était rendu en centre de détention juvénile, qu'il faisait des trucs pas corrects. Je ne sais pas ce qu'il est devenu, mais je souhaite qu'il soit heureux parce qu'il m'a sauvé.

Je n'avais pas d'amis au primaire. Je m'inventais des histoires avant d'aller me coucher et je souhaitais de tout mon coeur qu'un jour, je sois heureuse. Que je sois entourée de gens intelligents qui m'apprécient vraiment. Je voulais sortir avec Taylor Hanson et qu'on aille en camping faire dodo, collés, sans sexe. Comme Michael Jackson.

Par la suite, les années ne se sont pas améliorées. Je n'avais pas d'amis. Un garçon m'a dit qu'il m'aimait parce qu'il voulait des cartes de hockey que j'avais. J'lui ai donné. Il ne m'a plus jamais aimé. Ce garçon s'appelle Carl et son rêve, c'était d'être gros. Je l'ai revu il y a quelques années et il est rendu gros, complètement perdu, gelé sur un paquet de trucs mélangés.


Mon primaire. C'est ça.