mercredi 24 janvier 2007

Rétrospective

Je repense à ma vie. Je n'ai pas vécu longtemps, mais j'ai l'impression d'avoir beaucoup à raconter. Pourtant, je ne suis pas née d'une mère prostituée battue par un père crackhead. Je l'avoue, je les ai en quelque sorte cherché, ces histoires... C'est moi qui me laissait traîner dans des situations dangereuses, aux conséquences évidentes. Le genre de scène dans un soap opera qui nous fait crier et donner des ordres à l'écran.

'' Épaisse! Il va essayer de te tripoter, c'est évident! ''

Pourtant, je ne regrette presque rien. Tout ce qui m'tracasse encore, c'est ce que j'ai pu faire vivre aux autres, mais tout cela n'est que de l'hypothèse. Je ne sais pas si j'ai réussi à rendre une vie aussi plaisante que l'enfer à quelqu'un, je ne sais pas si on a déja bu pour m'oublier, si on a déja souffert à cause de moi. Je ne suis pas au courant de tout ça parce que j'ai fui à peu près tout les hommes que j'ai approché. Je n'ai jamais été assez près de ces derniers pour savoir si je comptais pour quelque chose. À me relire, on dirait que c'est tout ce que j'ai toujours voulu, mais ce n'est pas vrai. Les hypothèses ne sont là que pour réfléchir...

Je regrette seulement ce que j'ai pu faire aux autres. Peut-être. Il se peut que j'ai exagéré un peu la situation dans ma tête.

En regardant les faits, je suis cliniquement heureuse.

Je me rappelle, en 4e année du primaire... Je n'avais pas beaucoup d'amis, seulement une ou deux filles qui choisissaient de ne pas m'inclure dans leurs activités en public. Je n'entrerai pas dans les détails ennuyant, mais j'étais une petite fille très malheureuse qui ne souhaitait que d'être acceptée des Autres. Comme n'importe quelle fillette ''bien dans sa peau'', avant de dormir, je pleurais dans mon oreiller jusqu'à temps que ma gorge piquait. Et ensuite je me remettait à mes histoires. J'avais une autre vie, bien plus excitante que celle qui m'avait été attribuée, et je m'y réfugiait tout les soirs. Dans cette dimension fétiche, j'étais devenue plutôt jolie, j'avais gardé ma personnalité charmante et innocente, et mon entourage était comblé de musiciens; de vrais rockeurs tel The Moffats, Hanson et Serial Joe. On faisait des activités saines tel jouer au bowling ou faire du camping... chaque soir, un nouveau chapitre... des fois, j'incluais des Autres garçons de ma vraie vie, sauf que lorsqu'ils brisaient mon coeur, Scott Moffat, Ryan Denis ou Taylor Hanson venaient me regagner avec des roses et du chocolat. (Mais pas de sexe. Jamais de sexe.)

Je ne peux pas compter le nombre de jours que, pour échapper à la réalité des Autres, j'ai sorti mes talents d'actrice pour rester à la maison et regarder YTV... et rêver à mes amis...

Je ne me rappelle pas que les membres de Serial Joe avaient 13 ans, moi.





How long can you waiiit?

011

J'ai réussi à sortir un peu ces temps-ci. Sortir de chez moi et entrer chez les autres.

Je suis allée voir 011 vendredi passé. J'aime les voir en spectacles, et je ne dis pas ça de façon biaisée parce que je pourrais craindre de ne plus jamais pouvoir aller danser avec eux, mais j'use ma pensée critique. Et puis, je n'étais pas toute seule au Main Hall.

Il y avait d'autres gens. Et ils dansaient tous. Ils avaient tous l'air de s'amuser. J'étais très fatiguée, moi, alors après m'être époumonée sur deux-trois-quatre chansons, je me suis retirée derrière la petite foule et je les ai regardé. Il y avait des pas de danse étranges, mais peut-être que c'est moi qui ne sait pas bouger. Mais j'suis assez certaine qu'il y avait de pas de danse étrangement laids

011, ils ont de belles chansons coquettes. Une véritable explosion des sens, lorsqu'on les voit sur scène... Nos oreilles et nos yeux sont bourrés d'informations; on voit des screenshots hyper esthétiques en big screen, ... Si je n'aurais qu'une suggestion à faire, ce serait d'ajouter une touche olfactive au spectacle! Au diable l'odeur des mauvais danseurs suants, on poserait des petits dispensers de parfum à la noix de coc un peu partout... Et puis, avec un sac de jellybeans et un chandail doux, on réussit à vivre une expérience complètement extrasensuelle.

Considérez ceci comme une grosse plogue plate, mais je ne le ferais pas si le groupe serait mauvais. Promis.

Ils seront en spectacle une journée avant ma fête*, soit le 16 mars au Zoobizarre.

(* 16 + 1 = 17 mars)

mercredi 17 janvier 2007

Village des Malheurs

J'ai fait une crise intérieure aujourd'hui au travail. (une de plus et j'ai droit à un rabais de 20% additionnel...)

Je dois quitter la prison à rabais, sinon il ne me laisseront jamais partir à moitié indemne comme je suis au moment... Ils ont déjà sectionné mon coeur et ma tête au tiers, je compte conserver les derniers morceaux.

Et y'a les clients, avec leurs esprits d'occasion, leur seul simili-plaisir étant d'acheter des nouveaux objets: c'est bel et bien prouvé quand on les voit venir échanger leur trucs inutiles à 1,99$ pour d'autres trucs inutiles au même prix. Ou deux trucs inutiles à .99 $.

Ils veulent voir du nouveau quand ils passent à ma cellule 30%.

Ils peuvent bel et bien se payer une nouvelle paire de jeans, car ils sont restreints d'amour et de vivacité, pas de comptes chèques ou épargnes. Et ils dépensent beaucoup. Tout les jours. 150$ de couvertes, de chandails, de coupes de vins et de sous-vêtements absorbant, c'est beaucoup, beaucoup de cochonneries.

Et il y a une véritable clique dans le magasin. Ils sont environ 7. On les vois tout les jours. Ils connaissent nos noms, ils savent quelles caisses donnent des meilleurs prix aux articles X, ils s'injurient pour savoir qui aura l'autre morceau du set de faux-china. Ils s'assoient dans la section meubles, ils empruntent des tasses et se servent de l'eau du robinet, socialisent.

Mais j'ai vu pire que ceux-la.

Ils changent la couche de bébé et ''oublient'' les petits paquets d'or sur le comptoir aux bijoux, nous laissant la tâche de nettoyer le tout.
Je me souviens d'avoir interrompu le souper d'une dame qui avait fait usage du micro-ondes. Comme si le fait qu'elle magasinait allait déranger sa bonne habitude de manger maison...

Et voilà. Si mon employeur voit ce blog, je crois que je n'ai plus d'emploi. Évidemment, je suis futée et j'ai utilisé mon vrai nom...!!!

jeudi 11 janvier 2007

La Gastro

J'ai pris toutes les précautions. J'me suis acheté un liquide-gel-en pompe-anti-bactérien-hydratant-aromathérapeutique-citroné (LGEPABHAC) d'un vieil homme allophone dans un dépanneur gros comme mon garde-robe. '' Take, put in bag, very cheap, one dolla.''

J'espère que ce n'était pas de la confiture aux agrumes, parce que je ne me sens pas si bien. J'aurais du le savoir avant, travailler dans un endroit comme le Village des Valeurs... Tellement de gens, tellement de mains, tellement de microbes...

J'espère ne pas attraper la maladie des joueurs du Canadiens de Montréal. Vraiment. Je ne me sens pas très bien.

Ma coloc ne se sentais pas très bien. Elle est partie chez elle, à Donnaconna. Elle a peut-être contaminé les poignées, avant que je m'achète le LGEPABHAC.

Ah non. La maladie est partout. Ah non, ah non. Peut-être sur ce clavier. Je ne sais pas. Ah non. Ou est mon putain d'LGEPABHAC?!

J'ai mal au coeur. Je ne sais pas si c'est les 3 bols de Froot Loops. Ou le gâteau au fromage d'hier. Peut-être que ma mère est contaminée. LGEPABHAC, ou est-tu!!!

Je dois travailler tantôt. Toucher toutes ces mains contaminées. Respirer les microbes. Ah non, je me suis touchée la figure. Les microbes ont peut-être sauté dans ma bouche. Ah non.

Ah non, ah non, ah non, ah non, ah non.