Moins hot que Kerouac

dimanche 15 novembre 2009

Good girl, Indica

Elle était si mignonne. Étrange, oui, mais tellement charmante qu'on oubliait son problème nerveux qui l'empêchait de rester sur place. Sa tête basculait d'un côté à l'autre. Je l'ai surnommée Stevie Wonder.

C'est grâce à elle j'ai rencontré mon ancienne flamme. Ils se sont pointés ensemble, sur la place principale à Portland. J'ai tenté de diagnostiquer son problème, bon moyen de briser la glace. '' Surdose sensorielle''. N'importe quoi. Elle, je l'ai surnommée Stevie Wonder. Elle ne m'en voudrait pas. C'est grâce à elle que j'ai vécu une terrible histoire d'amour, complètement ridicule, ouais, mais ce n'est pas de lui que je veux parler. Elle, je l'ai surnommée Stevie Wonder, mais les autres l'appelaient Indica. Ça rapport au pot, j'sais pas trop.

Tout le monde se moquait d'elle. Elle ne tenait pas en place. Elle ne réagissait pas assez rapidement. Se rendre d'un point à l'autre n'était pas une tâche facile, elle s'arrêtait sur place, oubliait de marcher, mais j'm'y suis attachée tout de même. Pas un once de méchanceté chez elle.

Je me souviens de cette nuit où le connard que j'aimais tant nous a laissé seules pour la nuit. Faut comprendre qu'on vivait dans les bois, qu'on mangeait les déchets des autres et qu'on se lavait dans les toilettes du McDo. Et puis une jeune fille qui dort seule sous un pin, couchée sur un lit de cocottes et de roches plates, c'est une proie trop facile pour les maniaques nocturnes, vous me direz. Pourtant, j'étais plutôt terrifiée du coyote qui est venu nous visiter. Deux yeux qui brillaient devant nous. Ma partenaire s'est levée tout de suite, les oreilles dressées, elle s'est mise à grogner un peu. La bête est restée devant nous pour de longues secondes, à quelques pas de mon sac de couchage. Elle me fixait. Elle nous fixait. J'agrippais mon poivre de Cayenne si fort que le contenant aurait pu éclater. Indica a aboyé, un grand coup pour l'effrayer. Assez efficace pour l'éloigner, enfin, sans attirer police et compagnie. J'ai même réussi à m'endormir, sachant qu'elle avait toujours un oeil ouvert, mon poing tout de même fermé sur mon contenant de poivre de Cayenne.

Je devais rappeler à son maître de la nourrir au moins une fois par jour. C'était souvent les sandwichs au beurre de pinottes et miel que les bénévoles de Jesus nous offraient dans la rue. Pauvre bête.

Je me souviens de cette fête, cette beuverie en haut de la colline. L'atmosphère était étrange, inquiétante, les gens gueulaient pour se parler. Je me tenais loin, mais le chien n'était pas attachée. Elle se promenait entre les groupes de jeunes. Puis on a entendu un bruit sourd, et la foule s'est mise à crier. Ils se retenaient, entre-eux, ils se frappaient entre-eux. J'ai vu du sang, j'ai vu un couteau, j'ai vu des bouteilles voler. J'ai vu son maître se faire buter le visage par une fille. La police arriverait d'une minute à l'autre. J'ai approché mon amoureux, je lui ai dit qu'on devrait partir, je lui ai attrapé les bras et je lui ai dit qu'on devrait partir. Je ne voulais pas qu'il se retrouve en prison. Il m'a repoussé, il m'a répondu ''pas maintenant, laisse moi faire'', il s'est retourné, a trébuché violemment sur Indica. Elle a crié, j'ai attrapé sa laisse, nos sacs, deux sacs à dos et nos trois couvertures, j'suis partie à courir.

La police arrivait. Je voyais, de loin, les lampes de poche qui se dirigeait vers la colline. J'me suis cachée derrière un arbuste. Il allait se faire arrêter. Avec le nombre d'infractions qu'il a commis, recherché pour certaines d'entre elles, il allait se faire foutre en prison aussi. J'ai enfoui mon sac dans l'arbuste et j'suis retournée vers la colline. Avec mon amie. Je devais empêcher qu'il se mette dans le pétrin en agissant comme le connard qu'il était. La police m'a interpellé. J'ai raconté que je ne faisais que me promener avec mon chien, un peu de jogging. Ils m'ont demandés si courir en souliers à talons haut, c'était pratique, et si je faisais toujours mes exercices quand les parcs étaient fermée. J'ai raconté n'importe quoi, et j'ai fait demi-tour. Il n'y avait plus personne sur la colline, évidemment.

J'ai rôdé pendant quelques temps, accostant tout le monde pour savoir où il était. Le con. Il est finalement sorti de la station de tramway tout près. Il me cherchait, je le cherchais, bla bla bla. Il saignait du nez. Je me dirigeais vers les sacs que j'avais caché. Les policiers nous ont interpellés de nouveau. Ils ne voulaient pas, ils ne voulaient pas, mais après toute la merde que racontait mon copain, ils m'ont laissé partir, chercher tout ce qui nous appartenait. Notre vie dans un sac.

Cette nuit-là, on a couché sur du ciment. On s'est fait réveiller par des gardes de sécurité. On s'est couchés dans le parc. On s'est fait réveiller par les arrosoirs. On a attendu le soleil, puis on s'est rendus à l'église, manger des sandwichs au beurre de pinottes et miel.

Elle ne méritait pas que je parte. Elle ne méritait pas que je la laisse avec cet abruti de garçon. Elle lui avait été donnée par un défoncé sur le crystal meth. Paraîtrait-il qu'elle se serait fait frapper par une automobile, mais qui sait, il lui respirait peut-être de la merde au visage. Elle ne méritait pas que je parte, que je la laisse à Portland. Son maître, vous le savez, il n'a pas attendu mon retour, il s'est rasé le crâne et s'est enfuit, se marier à une fillette de l'Alaska avec un mohawk. Il a laissé son chien à une autre fille avant de foutre le camp.

Indica, elle a été attaquée par un Pitbull. Déchirée en morceaux. J'connais pas plus de détails. Elle est morte comme ça, quelques mois après mon départ, en 2008, mais on vient de me l'apprendre. Je souhaite du moins qu'elle ait été bien traitée durant ses derniers jours, mais qui sait? Elle ne méritait pas que je la laisse avec des gens qui ne savent même pas s'occuper de soi-même. Elle ne méritait pas de passer sa vie à être abandonnée.


Good girl, Indica.

vendredi 13 novembre 2009

Néon

Le néon qui va flancher dans un sous-sol de loft industriel. Celui d'un rave-party dans les années 90. Pas l'âge d'y aller, à l'époque, moi, mais on ne voyait que ça dans les vidéos. Comme un feu bleu qui crépite. Comme ça.

Eux ils sourient, ils s'étouffent, autour de moi avec leurs dents trop blanches. Ils avalent des suçons en forme de diamants. Ils crient, bouffent du cristal. (C'est moi qui est trop lente? Trop rapide?) Un stroboscope paresseux. Une mauvaise ambiance de fête, quoi.

Pourtant je ne suis pas sortie depuis une semaine. J'ai pleuré tout le long d'une émission comique. J'ai pleuré devant les nouvelles. J'ai pleuré quand j'ai ouvert la section potins du 24 heures. J'ai pleuré toute la semaine. Chocs électriques entre les yeux. Faisait longtemps que je n'avais pas été aussi irrationnelle, des merveilles ces médicaments.

Non ces pilules que je prends n'ont rien d'amusant. Elles sont chargés d'une l'illusion du bonheur, belle illusion, c'est vrai. Je veux partir. M'en aller. Je les ai oubliées, une fois, la semaine passée, pendant une journée ou sept. Et puis là, maintenant, j'ai un cerveau qui bourdonne, comme si il était aimanté à un écran, ou à plusieurs petits électroménagers.

Mon utérus est monstrueux; ça n'aide jamais. Et cette grippe à la mode qui veux me détruire. J'y passe; la morve, la toux, les maux de tête, et y'a le bourdon d'un vieux réfrigérateur derrière tout ça. Ça et le fait que j'suis supposée mourir maintenant, à ce qu'il paraît.

J'ai pleuré parce qu'il changeait de chaînes. À la télé. Trop rapidement. La lumière clignote J'ai besoin J'AI BESOIN D'EFFEXOR.

vendredi 6 novembre 2009

Danser

Sortez de votre p'tit confort anonyme pis venez m'insulter en pleine face demain soir à la Rockette. J'vais être la fille qui met des tounes de punk dans le mécanisme d'amplification de musique.

4479 St-Denis

jeudi 29 octobre 2009

Disse quoi?

Salut gang,

j'veux juste faire un sondage ce soir. J'pense mettre la photo ci-dessous comme fond d'écran sur le blog, qu'est ce que vous pensez?



J'me trouve laite pis toute mais bon!

PS: Qu'est-ce que je mange pour déjeuner? J'ai rien, j'suis pauvre!

mercredi 28 octobre 2009

Quoi?